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lundi 16 septembre 2024

Mort du "Roi-fauteuil"


16 septembre 1824 - Mort de Louis XVIII


Perclus de goutte, obèse et incapable de marcher, le vieux roi Louis XVIII, qui se surnomme lui-même le "Roi-fauteuil", meurt d'une gangrène infectieuse à près de 69 ans, sans avoir réussi à réconcilier la Révolution et l'Ancien Régime.

Louis XVIII 

Ça s'est passé il y a 200 ans.

À 68 ans, le roi Louis XVIII s'éteint le 16 septembre 1824 à quatre heures du matin, dans sa chambre du palais des Tuileries. Sans descendance, c'est alors son dernier frère, le comte d'Artois, qui lui succède sur le trône à l'âge de 67 ans, devenant le roi Charles X. Louis XVIII est le dernier roi de France à être autopsié et embaumé : le pharmacien Labarraque doit asperger le corps d'une solution de chlorure de chaux afin d'arrêter la marche de la putréfaction.

Louis XVIII souffrait d’une goutte qui empira avec les années et lui rendait tout déplacement extrêmement difficile à la fin de son règne. Dans ses dernières années, le roi podagre (malade souffrant de la goutte) devait se déplacer en béquilles et utilisait un fauteuil roulant dans ses appartements, lui-même se baptisant "le roi fauteuil" alors que les plus virulents des bonapartistes, puis le petit peuple, l'affublaient du quolibet de "gros cochon" ou "Cochon Louis XVIII". Vers la fin de sa vie, il était atteint d'artériosclérose généralisée, en outre la gangrène rongeait son corps devenu impotent et appesanti par l'hydropisie (œdèmes généralisés). 

À la fin du mois d'août 1824, la maladie avait provoqué une large plaie suppurante en bas du dos et l'avait rendu méconnaissable. Fièrement, il refusait de s'aliter, reprenant les propos de Vespasien: "Un empereur doit mourir debout".

Mais, le 12 septembre 1824, sa terrible souffrance l'obligea à se coucher. Il se décomposait vivant et dégageait une odeur si nauséabonde que sa famille ne pouvait rester à son chevet. Un de ses yeux avait fondu; le valet de chambre, en voulant déplacer le corps, arracha des lambeaux du pied droit; les os d'une jambe étaient cariés, l'autre jambe n'était qu'une plaie, le visage était noir et jaune.

Le 13 septembre, Louis XVIII reçoit les derniers sacrements du grand aumônier de France, Monseigneur de Croÿ, archevêque de Rouen.

Louis XVIII n'a pas été sacré roi de France, bien que le sacre fût prévu dans l'article 74 de la Charte de 1814. Son frère, Charles X, qui lui succéda, renoua avec la tradition du sacre le 29 mai 1825 dans la cathédrale de Reims. De plus, un roi sacré devait avoir des pouvoirs divins (le roi de France, par exemple, guérissait les écrouelles), et montrer une image d'homme puissant valide, en bonne santé, ce qui n'était pas le cas pour ce roi, qui pour espérer être populaire de son peuple renonça au sacre pour éviter de montrer sa maladie au grand jour. Cependant, une sculpture de Louis XVIII, en costume de sacre, fut commandée par ses soins en 1815 au sculpteur Cortot. Elle est exposée dans la gypsothèque de la villa Médicis à Rome.

Le 25 octobre 1824, le roi Louis XVIII, dernier monarque de France mort au pouvoir, est inhumé dans la basilique de Saint-Denis. Il est le dernier monarque français à recevoir ce privilège, et également le dernier mort sur le trône, les deux suivants ayant été renversés.

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Petit rappel

Louis XVIII (né le 17 novembre 1755 à Versailles sous le nom de Louis Stanislas Xavier de France, titré comte de Provence (1755-1795)) est roi de France et de Navarre du 6 avril 1814 au 20 mars 1815 puis du 8 juillet 1815 à sa mort, le 16 septembre 1824, à Paris.

Louis XVIII (1755-1824)

Issu de la Maison de Bourbon, quatrième fils du dauphin Louis et frère cadet de Louis XVI, il est appelé "Monsieur" quand ce dernier devient roi. Exilé sous la Révolution française et le Premier Empire, il adopte de jure en tant que prétendant au trône le nom de Louis XVIII, l'ordre dynastique incluant son neveu Louis XVII mort en prison en 1795 (à l'âge de 10 ans) sans avoir jamais régné. Surnommé "le Désiré" par les royalistes, il revient en France lors de la Restauration qui suit la chute de l'empereur Napoléon 1er. Il est renversé durant les Cent-Jours, puis revient à nouveau au pouvoir après la bataille de Waterloo.

Durant son règne, considérant l'évolution de la France entre 1789 et 1814, Louis XVIII s'attelle à composer avec les acquis de la Révolution et de l'Empire. Ayant quitté la France, le même jour que son frère (qui est reconnu et arrêté à Varennes), à 35 ans, il en a 58 quand son règne commence effectivement, après avoir passé 23 ans en exil. Il "octroie" au peuple une constitution utilisant un terme d'Ancien Régime, la Charte constitutionnelle de 1814, tout en menant une politique de réconciliation et d'oubli concernant les violences révolutionnaires en tentant de calmer la Terreur blanche. Il compose dans un premier temps avec une chambre parlementaire "plus royaliste que le roi", la Chambre introuvable. Mais en 1820, après l'assassinat de son neveu Charles-Ferdinand d'Artois, duc de Berry, troisième dans l'ordre de succession au trône, la Restauration prend un tournant plus dur, voire réactionnaire, que le roi laisse mener par le président du conseil Villèle. Son règne est aussi marqué par l'expédition d'Espagne (1823).

Son frère cadet, le comte d’Artois, lui succède sous le nom de Charles X. La Restauration prend fin avec la révolution de 1830, qui met sur le trône Louis-Philippe, roi des Français.


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Source : Article partiellement ou en totalité issu de Wikimédia.
Pour les curieux : Georges Bordonove, Louis XVIII le Désiré, Paris, France Loisirs, 1991, 318 p.

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samedi 17 août 2024

Drame à la cour d'Orthez


Août 1380 - L'Ange de Foix ne sera jamais Gaston IV


Que s'est-il donc passé au château Moncade d'Orthez entre le 16 juillet et le 17 août 1380 ?
Gaston Fébus, prince solaire, à la fois stratège et lettré, aurait tué de ses propres mains son fils,
unique héritier, le jeune Gaston surnommé l'Ange de Foix.

Le drame d'Orthez selon Froissart, Bruxelles

Ça s'est passé il y a 644 ans.

Le "jeune Gaston" est le fils que Gaston III de Foix-Béarn, dit Fébus a eu avec Agnès de Navarre, petite-fille du roi de France, Louis X le Hutin et sœur de Charles II, roi consort de Navarre.

Au départ, Gaston Fébus et son beau-frère s'entendent comme larrons en foire. Signe de leur proximité : ils complotent ensemble contre le roi de France.

Mais en septembre 1362 de retour chez lui en Béarn, après plusieurs campagnes militaires, Gaston Fébus répudie sa femme, la pauvre Agnès qui venait de mettre au monde un héritier, un fils, sous prétexte d'une dot non payée. Suite à cette manière peu élégante, et il se met à dos son beau-frère, Charles de Navarre.

Agnès de Navarre rejoint sa famille à Pampelune, en Espagne. Il semble que Fébus éprouve quelques regrets après cette séparation : il rédige alors la célèbre "canso": "Se canto" où un oiseau sous sa fenêtre chante pour sa mie qui est loin de lui et où ces fières montagnes si hautes l’empêchent de voir son amour.

Charles II, mécontent du sort fait à sa sœur, réfugiée à sa cour de Pampelune, aurait donc retourné son goût du complot contre Fébus, aidé en cela de l'évêque de Lescar, Odon de Mendousse. Allant jusqu'à manipuler le jeune Gaston et l'accueillant en Navarre, ils remettent au garçon une bourse censée contenir un "filtre d'amour". S'il l'administre à Fébus à son insu, il aimera à nouveau sa mère, promet-t-on au jeune homme.(*)

De retour en Béarn, l'innocent s'exécute. Mais Fébus, prévenu par un fils bâtard de ce que le jeune Gaston s’apprêtait à faire lui arrache, lors d’un repas, la bourse qu’il avait autour du cou, en fait goûter le contenu à son chien. La quadrupède trépasse sur le champ.

Le complot navarrais est démasqué. Pour le jeune Gaston, c'est le cachot, immédiat et sans aucun procès. Il est emprisonné au château de Moncade d’Orthez entre fin juillet et début août 1380, tandis qu'Odon de Mendousse et le baron d'Andoins partent en exil auprès de Charles II.

Le Jeune Gaston, dit l'Ange de Foix, tableau de Claudius Jacquand (1838)

C'est alors que survient le drame. La suite des événements ne peut être racontée avec certitude, mais le jeune Gaston décède probablement mi-août 1380 sous la main de son père Fébus. La tragédie bouleverse Fébus qui dit : "Jamais je n'aurai de joie aussi parfaite qu'avant". Il rédige son Livre des oraisons, accréditant la thèse du geste involontaire, et quitte Orthez pour Pau, ne revenant au château de Moncade que quatre ans plus tard.


* Il est à noter qu'en 1380, le jeune Gaston a 18 ans. Il est marié depuis 1379 à Béatrice d'Armagnac, fille de Jean II d'Armagnac. C'est donc un homme, plus un enfant, selon les critères médiévaux.


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Source : Article partiellement ou en totalité issu de Wikimédia.

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vendredi 2 août 2024

Mort d'Henri III


2 août 1589 - Le poignard de Jacques Clément.


Le 1er août 1589, tandis que l'armée royale assiège Paris, aux mains de la Sainte Ligue catholique et de ses alliés espagnols, un moine dominicain, Jacques Clément (22 ans), sollicite une audience auprès du roi Henri III (38 ans).

Assassinat d'Henri III par Jacques Clément (BnF)

Ça s'est passé il y a quatre cent trente-cinq ans.

Ce matin du 1er août, Henri III se réveille tranquillement dans son château de Saint-Cloud. Depuis quelques jours, un moine demande à le voir.

Ce moine, appelé Jacques Clément, natif du village de Sorbonne, près de Sens, était un jeune homme d’environ vingt-deux ans, sans lettres, vivant dans le libertinage et l’oisiveté, et toujours mêlé avec la canaille ; les déclamations furieuses des prédicateurs de la ligue exaltèrent l’imagination de cet esprit faible, et lui donnèrent l’idée du plus horrible projet : aller tuer le tyran accusé d’inversion sexuelle.

Aujourd’hui, Henri III consent à le rencontrer alors qu’il n’est pas encore habillé. C’est surtout qu’il ne veut pas que dans toute la ville, on s’écrie que "le roi ne veut pas recevoir des prêtres"…

Assis sur sa chaise percée, le roi tient la lettre, que venait de lui remettre le moine et qu'il disait écrite par le premier président Achille de Harlay. Soudain, alors que le roi remonte ses chausses, le moine sort un couteau de sa manche et frappe le bas-ventre du roi. Le roi, étourdi sur le coup, "Ah ! le méchant moine, il m'a tué", gémit-il. Puis retirant lui-même le couteau qui était resté dans la plaie le retourne contre Jacques Clément, le blessant au dessus de l’œil gauche. En même temps, les seigneurs qui étaient dans la chambre, se jettent sur le monstre qui levait les mains et les yeux vers le ciel, et le font expirer sous mille coups.

Les médecins du roi, après avoir observé la blessure, la juge bénigne et la pansent. Ils vont aussi lui faire un lavement. Par.. précaution ? En réalité, Henri III fait une hémorragie externe, car le péritoine a été sectionné, et une hémorragie interne, car ce même péritoine est en train de s’infecter.

Le roi est conscient, il écrit des courriers à sa femme pour lui annoncer que ce n’est rien de grave. Mais dans le doute, sur ce qui va être son lit de mort, Henri III convoque en urgence son cousin et héritier légitime, le roi Henri III de Navarre (36 ans). Il ordonne aux nobles de son entourage de lui prêter serment de fidélité. dans une dernière déclaration  :

"Je vous prie comme mes amis et vous ordonne comme votre roi, que vous reconnaissiez après ma mort mon frère que voilà, et que pour ma satisfaction et votre propre devoir, vous lui prêtiez le serment en ma présence".

Pendant toute l’après-midi, le roi se vide de son sang et la fièvre commence à le gagner. Il s’endort et meurt, le 2 août, vers 3 h du matin à l’âge de 38 ans.

Le jugement de Clément ne peut être que posthume, aussi, on décide de faire écarteler le cadavre par quatre chevaux, puis on le brûle, et enfin, ses cendres sont jetées dans la Seine. Mais s’il avait été vivant, ça aurait été la même chose.

On dit que le régicide a été commandité par le père Edme Bourgoing, qui lui conseilla de prier et de jeûner pour connaître la volonté de Dieu. On lui fit entendre pendant les nuits précédentes une voix qui semblait venir du ciel, et qui lui ordonnait de tuer le tyran. Le prieurl sera aussi écartelé aussi. La duchesse de Montpensier, sœur du duc de Guise, acheva de le déterminer, en l’assurant, que s’il échappait, le pape le ferait cardinal, et que s’il périssait, il serait canonisé . On dit même qu’elle en vint jusqu’à lui promettre tout ce qu’il y avait de plus capable de tenter un moine.

De leur côté, les conjurés catholiques, avec l'accord secret du pape, proclament l'avènement du vieux cardinal Charles de Bourbon (61 ans), oncle d'Henri IV, sous le nom de Charles X. La tentative reste sans lendemain, le vieux cardinal préférant reconnaître Henri IV. C'est à ce dernier que reviendra la gloire de mettre fin aux guerres de religion...


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Source : Article partiellement ou en totalité issu de Wikimédia.
Pour les curieux : Pierre Chevallier, "Henri III : roi shakespearien", Paris, éditions Fayard, 1985.

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lundi 24 juin 2024

L'assassinat de Sadi Carnot


24 juin 1894 - Le poignard de Caserio.


Le 24 juin 1894, à Lyon, le président de la République Sadi Carnot est poignardé mortellement par Caserio, un anarchiste italien. L'événement provoque un choc dans tout le pays.

La une du quotidien Le Petit Journal, où un illustrateur
a reconstitué l'assassinat du président Carnot.

Ça s'est passé il y a 130 ans.

Sadi Carnot a été poignardé en pleine rue, alors qu'il quittait un banquet organisé en son honneur par la Chambre de commerce au palais de la Bourse, place des Cordeliers, en marge de l'Exposition universelle, internationale et coloniale qui se déroulait au parc de la Tête d'Or à Lyon.

"Le banquet a fini à neuf heures dix. Le cortège s'était reformé pour se diriger vers le théâtre où avait lieu une représentation de gala. M. Carnot avait pris place dans la première voiture. Il était arrivé à moitié de la façade du palais du Commerce donnant sur la rue de la République [...] lorsqu'un individu s'est précipité sur son landau et en a gravi brusquement le marchepied [...].

Je jetai instinctivement les yeux du côté du cortège, j'aperçus M. Carnot, dont le visage était devenu livide, s'affaisser sur le dossier du landau. La foule se rua aussitôt sur l'individu qui s'était jeté sur le landau présidentiel et que le préfet, M. Rivaud, assis à côté de M. Carnot, avait d'un coup de poing envoyé rouler sur la chaussée. On criait : “Le président de la République vient d'être victime d'un attentat ! Il a été frappé d'un coup de poignard !” [...]

Ceux qui l'avaient arrêté menaçaient de l'écharper sur place. Les sergents de ville ont eu la plus grande peine à le tirer de leurs mains. Il n'a pas fallu moins de dix gardiens de la paix pour protéger le coupable contre l'exaspération de la population. "

La nouvelle cause un choc dans toute la France, déjà secouée par plusieurs attentats anarchistes. Le nom du meurtrier est bientôt connu : Sante Geronimo Caserio, un Italien âgé de 20 ans. Un cet anarchiste originaire de Lombardie, dont les activités politiques lui ont valu une condamnation puis l'exil hors d'Italie un an plus tôt. " Sante, quand il était enfant, était joli comme un amour, raconte son frère, interviewé. Mais il y a deux ans, il commença à fréquenter les anarchistes. Ce fut alors que son cerveau commença à s’exalter. Il lisait, sermonnait, on eût dit un avocat. "

Caserio, conduit à la prison Saint-Paul de Lyon, est interrogé le 26 juin par le juge d'instruction Benoist :
"— Voyons, Caserio, pourquoi avez-vous voulu tuer le président de la République ? Le connaissiez-vous ? Aviez-vous un grief particulier contre lui ?
— Non, répond Caserio. C’était un tyran, je l’ai tué pour cela.
— Vous êtes anarchiste ?
— Oui, je m’en vante ! [...]
— Comment avez-vous frappé M. Carnot ?
— Je me suis avancé, repoussant le cheval d’un cuirassier. J’avais mon poignard ouvert dans ma manche. Je n’ai eu qu’à lever la main. J’ai visé le bas-ventre et ai laissé retomber le bras en criant : “Vive l’anarchie !” La foule s’est jetée sur moi, m’a terrassé, roué de coups. Les agents m’ont emmené au poste.
— Vous persistez à dire que vous n’avez pas de complice ?
— Oui. Mais, à propos, le président est-il mort ?
M. Benoist ne répond pas. Caserio semble penser que sa victime a succombé et ne dissimule pas sa satisfaction. Il sourit et, levant la main, fait le simulacre de frapper.
"

Pendant les quatre jours suivant l'attentat, des émeutes anti-italiennes se produisent à Lyon. Les maisons, magasins et commerces de la communauté italienne sont incendiés et pillés et des immigrés italiens sont molestés.

"La foule se presse compacte sur le parcours que doit suivre la dépouille mortelle de M. Carnot. Elle reste morne et silencieuse pendant le passage du cortège. Mais à peine le convoi s’est-il éloigné, que la foule devient houleuse. Des cris de haine sont proférés de tous côtés. On entend surtout ceux de “Vengeance ! Vengeance ! Nous vengerons Carnot ! À la porte les étrangers !

"Dès ce moment, des bandes d’hommes, de femmes, d’enfants, se forment et se dirigent, drapeaux en tête, sur le pont de la Guillotière. En un instant, le cours Gambetta, les rues Montebello, Montesquieu sont envahis et la foule, de plus en plus furieuse, met à sac toutes les boutiques dont les propriétaires ont une désinence italienne."

Un policier et deux émeutiers (non italiens) périront dans ces émeutes. Caserio, l' assassin, est jugé les 2 et 3 août suivants, et condamné à la peine capitale. Il sera guillotiné à la prison Saint-Paul le 16 août. Ses derniers mots, sur l'échafaud, sont : "Courage, les amis ! Vive l'anarchie !".

Quant à Sadi Carnot, il recevra des funérailles nationales : il est inhumé au Panthéon le 1er juillet 1894.

Le cortège funèbre débouchant de l'avenue des Champs-Élysées
sur la place de la Concorde.

L'assassinat de Sadi Carnot conduira à l'adoption, le 28 juillet, de la troisième et dernière des "lois scélérates" visant à réprimer le mouvement anarchiste.


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Sources : Article partiellement ou en totalité issu de Wikimédia et l'article de Pierre Ancery publié le 16 février 2018 sur le site de la presse BnF Retronews - https://www.retronews.fr/justice/echo-de-presse/2018/02/16/lassassinat-de-sadi-carnot-lyon.
Pour les curieux : Patrick Harismendy, "Sadi Carnot, l'ingénieur de la République", Paris, Perrin, 1995

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mercredi 8 mai 2024

Antoine Laurent de Lavoisier


8 mai 1794 - La guillotine est passée par là !


"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme". Pour Lavoisier, cette loi de conservation de la matière, est applicable à toutes les sciences, et, bien entendu, à la chimie. Elle avait déjà été formulée par le grec Anaxagore de Clazomènes, en 450 av. JC.

Antoine Laurent Lavoisier (1743-1794)

Ça s'est passé il y a deux cent trente ans.

Antoine Laurent de Lavoisier est un des plus grands chimistes que la terre ait jamais porté. C'est de lui qu'on doit la très célèbre phrase: "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme." Lavoisier scientifique d'origine française, est né 26 août 1743 à Paris et décédé 50 ans plus tard, précisément un 8 mai.

Ce serait malhonnête de qualifier Lavoisier comme étant uniquement un homme de science. Il était aussi connu comme étant un polymathe aguerri doté de connaissances très variées et approfondies. Il était avocat, économiste, chimiste, physicien, astronome, philosophe, biologiste, écrivain et météorologue.

En tant qu'homme d'esprit universel, il a révolutionné la chimie en devenant le père de la chimie moderne.

Il est celui qui est arrivé à changer notre conception de la chimie, au moment où il a découvert que l'oxydation rapide dite aussi combustion est la combinaison d'une substande avec le dioxygène.

Mais Antoine Laurent de Lavoisier est aussi un "businessman". Il achète en 1770 une charge de fermier général (collecteur d'impôts) qui lui vaudra de devenir très riche, de mener un train de vie fastueux. Son nouveau poste lui permet de financer toutes ses expériences. En effet avant la Révolution, un fermier général est celui qui avance une somme au roi de France qui devrait être celle de l’impôt. Il se rembourse ensuite en percevant le véritable impôt avec un net bénéfice.

Une situation curieuse qui fait donc que l’impôt n’est pas perçu par l’État mais par des personnes privées qui gagnent énormément d’argent. C’est une des premières choses que la Révolution Française va faire sauter. Lavoisier est d’ailleurs plutôt partant au départ pour la révolution.

Quand éclate la Terreur, la crise de l’assignat et le passé de Fermier Général de Lavoisier comptent bien plus que ses recherches.

Arrêté en novembre 1793, après un procès qui dure moins d'une journée, il est condamné à mort. Au moment de la sentence, Lavoisier, qui n’a jamais cessé ses recherches, demande un délai pour terminer une expérience importante. Jean Baptiste Coffinhal, le président du tribunal révolutionnaire lui répond vertement "la République n’a pas besoin de savants !".

Il est guillotiné place de la Concorde le 8 mai 1794 (19 floréal an II) sans avoir fini ses recherches, avec vingt-sept autres fermiers généraux. Ce qui fera dire à Louis de la Grange, éminent mathématicien "Lavoisier est mort. Il ne leur aura fallu qu’un moment pour faire tomber cette tête, et cent années, peut-être, ne suffiront pas à en reproduire une semblable".

Son corps, dépouillé, est empilé dans la fosse commune des Errancis, avant d'être transferé aux Catacombes de Paris.

Pour honorer Lavoisier, les Français ont mis son nom parmi les Soixante-douze (72) noms de savants inscrits sur la tour Eiffel, façade Trocadéro. il est, aussi, représenté sur l'hôtel de ville de Paris.


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Source : Article partiellement ou en totalité issu de Wikimédia.
Pour les curieux : Édouard Grimaux, La Mort de Lavoisier, Revue des Deux Mondes, 3e période, tome 79, 1887 (p. 884-930).

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mardi 30 avril 2024

Mort de Bayard


30 avril 1524 - "Hélas, mon Dieu, je suis mort !".


Le 30 avril 1524, en couvrant la retraite des Français à la bataille de Sesia, en Lombardie, contre les troupes de Charles Quint, Bayard, héros des guerres d'Italie, est atteint par le tir d’une escopette dans le dos.

30 avril 1524, mort de Bayard

Ça s'est passé il y a cinq cents ans.

Depuis la fin août 1523, les troupes de François 1er stationnent en Italie du Nord pour reprendre le Milanais perdu l'année précédente. Menées par l'amiral de France Guillaume Gouffier, seigneur de Bonnivet, elles y affrontent l'armée impériale conduite par Hernando de Alarcon, le marquis de Pescara, Charles de Lannoy et le connétable de Bourbon, passé au service de Charles Quint. L'hiver a été terrible. La faim, le froid, la maladie et le manque d'argent ont affaibli les rangs. Nombre de gentilshommes sont repartis, et il faut négocier sans cesse avec les mercenaires suisses, sous les ordres de François 1er depuis 1516.

Fin mars, la pression impériale s'intensifie. Tentant de rejoindre les renforts promis par les Suisses, les troupes françaises prennent la route de Gattinara le 29 avril, harcelées par le détachement de cavaliers lourds et légers du condottiere Paolo Luzzasco.

Dans l'après-midi, les Français perdent six chariots de poudre, quelques paires de bœufs et les étendards de trois compagnies. Aux nombreux prisonniers, s'ajoutent la mort de 300 mercenaires suisses et les blessures des seigneurs de Bonnivet et de Vandenesse. La retraite est alors décidée. L'amiral laisse le commandement de l'armée à Saint-Pol et la direction de l'arrière-garde à Pierre Terrail, seigneur de Bayard. Après le souper, les Français quittent Gattinara et viennent camper près du village de Rosavenda. Le lendemain matin dès l'aube, Luzzasco reprend son harcèlement bientôt rejoint par un millier de cavaliers dont beaucoup portent des arquebusiers en croupe.

C'est là, sur la route de Buronzo, entre la Sesia et le Cervo, dans les dernières plaines avant les contreforts des Alpes, que, vers midi, le gentil chevalier est frappé d'un coup d'arquebuse qui lui brise la colonne vertébrale.

Tombé de cheval, Bayard est fait prisonnier par le soldat qui l'a blessé. Ses pages et écuyers l'étendent sous un arbre et le soulagent d'une partie de son armure.

Conscient, il se confesse, faute de prêtre, à Jacques Joffrey, son écuyer, et, faute de notaire, teste auprès de Gabriel d'Alègre, prévôt de Paris. Après avoir refusé d'être déplacé et alors que les ennemis se rapprochent, il demande à ses compagnons de se retirer. Laissé seul, il est rejoint par le marquis de Pescara qui fait dresser une tente au-dessus de lui.

Vers la fin de l'après-midi, le chevalier se confesse une seconde fois et rend l'âme entre 20 et 21 heures. Pescara fait transporter son corps dans une église, sans doute celle de Roasio, à une dizaine de kilomètres au nord de Rovasenda, pour les derniers honneurs. Le service est suivi par les capitaines espagnols, avant qu'un convoi de gentilshommes escorte sa dépouille vers Ivrée où elle est remise à Bonnivet, puis vers Grenoble. Le cercueil arrivé le 20 mai est exposé jusqu'au 26 août à Notre-Dame de Grenoble. Puis, Bayard est inhumé au couvent des Minimes de la plaine fondé en 1494 par son oncle Laurent Alleman, et où dès le mois de mai le prieur général avait institué un service annuel et perpétuel pour le repos de son âme. Son corps y est déposé sous une simple pierre, sans épitaphe ni nom. Sa sépulture est profanée à la Révolution.


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Qui était Pierre Terrail, seigneur de Bayard ?

Pierre Terrail de Bayard, "portrait d'Uriage", XVIe siècle..

Pierre Terrail, seigneur de Bayard, plus connu sous le nom de Bayard ou de chevalier Bayard, nait en 1475 ou 1476 au château Bayard (à Pontcharra). Il débute dans le métier des armes à 13 ans, comme page du duc Charles de Savoie, puis entre au service du roi de France Charles VIII et participe avec éclat aux guerres d’Italie. Il combat plus tard les Anglais et les Impériaux.

Sur le champ de bataille de Marignan, le jeune François 1er, admiratif de la conduite au combat du capitaine, lui demande de l’adouber. Bayard le sacre chevalier selon un rituel féodal alors tombé en désuétude.

Modèle des vertus de courage et d’honneur militaire, il fut surnommé le "chevalier sans peur et sans reproches".

Invincible à l’épée, Bayard n’a rien pu contre le mortel hasard d’une rencontre avec une balle ennemie. Avec lui meurt l’idéal du combat chevaleresque favorisant l’affrontement des vertus, des honneurs et des valeurs individuelles.

L’admiration suscitée par le chevalier Bayard, à la fois de son vivant et longtemps après sa mort, peut être rapprochée de celle inspirée par les épopées de Jeanne d’Arc ou Bertrand Du Guesclin.


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Source : Article partiellement ou en totalité issu de l'article de Benjamin Deruelle dans collections 68, daté juillet - septembre 2015. (https://www.lhistoire.fr/la-mort-héroïque-du-chevalier-bayard)
Pour les curieux : Max Gallo, François 1er, Roi de France, Roi-Chevalier, Prince de la Renaissance française, XO Editions, 2014.
Didier Le Fur, Marignan : 13-14 septembre 1515, Perrin, 2004,

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dimanche 31 mars 2024

Rambouillet, 31 mars 1547


31 mars 1547  -  "Jésus ! Jésus !".


Après un règne d’une exceptionnelle longévité, François 1er meurt le 31 mars 1547 au château de Rambouillet. Il repose à la basilique Saint-Denis au côté de sa première épouse, Claude de France.

François 1er (1494-1547)

Ça s'est passé il y a quatre cent soixante-dix-sept ans.

... "Le roi de France, le mardi 29 mars de l'an 1547, a su qu'il allait mourir, que ses jours étaient comptés, que Dieu ne lui accordait point de sursis.

Depuis le mois de février et les premiers jours de mars, il avait cru, en dépit de la maladie, que Dieu ne l'appellerait pas encore en son royaume. Et il priait pour obtenir ces quelques mois de vie terrestre, se fiant aux dires de ses chirurgiens et de ses médecins.

Les chirurgiens avaient une nouvelle fois crevé l'abcès. Et le roi avait cru les praticiens qui lui avaient assuré qu'il n'était plus en péril de mort. C'est alors qu'il avait déclaré ne vouloir plus qu'une vie calme, enveloppée par la paix et le repos.

Il avait convoqué le dauphin Henri et lui avait recommandé quand il accéderait au trône, de protéger ses sujets de toutes les injustices. Puis il avait vu sa fille Marguerite et l'émotion avait été si forte qu'il avait pu garder longuement la main de Marguerite entre les siennes. "Sa tendreté de coeur paternel fut si grande qu'il fut contraint de tourner de l'autre côté de son lit."

Il avait écouté son aumônier, l'évêque de Mâcon, Pierre Duchâtel, et les paroles du prête l'avait réconforté. Mais le mardi 29 la fièvre avait été si forte, l'épuisement si profond qu'il avait compris que chaque partie de son corps était envahie par les armées funestes de le mort.

Il avait demandé l'extrême-onction. Il désirait être prêt à comparaître devant le grand tribunal de Dieu.Il ne voulait "point partir de ce monde sans avoir tous les caractères et enseignes d'un chevalier sous l'étendard et conduite de Jésus-Christ". Il s'était confessé.

Et il avait entendu une femme crier devant la porte de la chambre du roi : "Terre, engloutis-moi !" Il avait reconnu la voix de la duchesse d'Etampes à laquelle on ordonnait de quitter le château de Rambouillet, qui allait être la dernière demeure du roi de France. Et le roi devait se présenter devant Dieu blanchi de ses péchés. Et la duchesse d'Etampes pendant vingt ans avait été l'amour illégitime du roi. Elle avait encore crié "Terre engloutis-moi !" et elle s'était jetée sur le sol. Puis on l'avait entrainée Et elle avait gagné l'un de ses petits châteaux, présents du roi.

Le roi avait reçu ses proches et ses familiers. "Mon fils, avait-il dit au dauphin Henri, vous m'avez été un bon fils et je m'en contente..." Il avait béni son fils, mais le roi reconnaissait-il encore ceux qui s'approchaient de son lit d'agonie ? Le mercredi matin 30 mars de l'an 1547, il avait recouvré sa conscience et dit à son fils : "Mon fils faites-vous encore votre devoir ? Dieu vous le rendra !" Il le bénit pour la troisième fois.

C'est le grand jeu de la mort et de la vie qui se livre ainsi dans la nuit du mercredi 30 mars de l'an 1547. Le roi reconnait ses serviteurs puis son regard se dérobe et n'est plus qu'un brouillard qui lui ternit tout le visage. Il prononce des propos incohérents puis il revient à la raison et, le jeudi 31 mars de l'an 1547, il entend la messe.

C'est l'alternance de la brève clarté à l'ombre dense.
Il pardonne, il embrasse, il réconforte.
On a glissé une croix entre ses mains à la peau grise, il la porte à ses lèvres, et la garde serrée contre sa poitrine.

Il dit "Jésus." - C'est un souffle. - "Je l'ai dit, je l'ai dit Jésus." - Il se signe.

Le roi de France se meurt. Il est deux heures de l'après-midi, le jeudi 31 mars de l'an 1547."


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Source : Texte de Max Gallo de l'Académie française : François 1er, Roi de France, Roi-chevalier, Prince de la Renaissance française - (Chapitre 87 pages 366-368) - Editions XO, 2014.
Pour les curieux : "François 1er" par Didier Le Fur, éditions Perrin, collection Tempus (format poche), août 2018,

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samedi 23 mars 2024

Mort d'Archimède de Syracuse


212 av. J.-C. - "Ne dérange pas mes cercles".


l'auteur du célèbre principe : "Tout corps plongé dans un liquide subit, de la part de celui-ci, une poussée exercée du bas vers le haut et égale, en intensité, au poids du volume de liquide déplacé", meurt d'un simple et idiot coup d'épée.

Archimède de Syracuse (287 av. J.-C. - 212 av. J.-C.)

Ça s'est passé il y a 2236 ans.

Archimède de Syracuse fut un savant universel de l'antiquité et l'un des plus grands mathématiciens ayant jamais existé. Il serait né vers les années 287 av. J.-C en grèce. Son père Phidias fut un éminent astronome, comme tous les pères il voulait que son fils reçoive la meilleure éducation, il l'inscriva donc à la très prestigieuse école d'Alexandrie.

Eminent scientifique, il a contribuér à l'élaboration de l'hydrostatique, découvert une force mystérieuse qui existe pour tous les corps plongé dans un fluide. Force qu'on appelle aujourd'hui poussée d'Archimède. Et nous lui devons la fameuse et celebre expression "eurêka", "J'ai trouvé".

Ses travaux en géométrie et en mécanique sont inégalables. Il est surnommé le père de la mécanique statique. Hormis ses différents travaux scientifiques, il a été surtout reconnu comme étant un ingénieur millitaire hors pair. À lui seul il a inventé diverses machines de guerre telle que la griffe d'Archimède.

Malheureusement pour Archimède, en l'an 212 av. J.-C., la ville de Syracuse allait tomber aux mains des Romains. À ce moment là, le vieux Archimède âgé de 75 ans était en train de faire de la géométrie sur le sol. Trop pris par ses travaux, il était inconscient de l'arrivée des soldats Romains, il n'a pas eu le temps de s'échapper.

Un soldat romain croisa Archimède alors que celui-ci traçait des figures géométriques sur le sol. Troublé dans sa concentration par le soldat, Archimède lui aurait lancé "Ne dérange pas mes cercles". Le soldat se sentant offensé par le mépris dont faisait preuve Archimède à son égard, sans hésiter, sorti son épée et lui transperça l'abdomen. C'est ainsi qu'Archimède mourut.

La mort d'Archimède par Edouard Vimont (1846-1930).


Le général consul Marcus Claudius Marcellus qui dirigeait l'armée romaine, et qui avait en haute estime le savant, ne désirait pas sa mort et fut navré d'apprendre son décès. Il fit organiser des funérailles grandioses, et sur le tombeau du savant, il fit graver... une sphère et son cylindre circonscrit et, pour inscription, le rapport du solide contenant au solide contenu.


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Source : Article partiellement ou en totalité issu de Wikimédia.

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vendredi 15 mars 2024

"Tu quoque, mi fili !"


15 mars 44 av. J.-C. -  L'assassinat de César.


Cerné par une mêlée confuse de conjurés fébriles, le dictateur succombe sous les coups de poignard. L'assassinat de César était censé rétablir la République. Il contribuera au contraire à instaurer l'Empire.

La mort de César, un meurtre fondateur.

Ça s'est passé il y a deux mille soixante-huit ans.

César a une soif de pouvoir sans limites. Ses nombreuses conquêtes militaires (guerre des Gaules, bataille de Pharsale, Thapsus en Afrique, etc.) et la prospérité de Rome lui valent la confiance du peuple et des sénateurs. En 48 av. J.-C., de consul de Rome il devient dictateur, fonction qui ne peut en principe être exercée que pendant les périodes de catastrophes nationales, puis dictateur à vie, en 44 av. J.-C. Son ambition démesurée inquiète les défenseurs de la République.

Le dictateur est trahi par des sénateurs. Le cerveau de l’opération est Caius Cassius Longinus qui va solliciter l’aide de Brutus. Tous deux étaient des anciens partisans de Pompée, l’adversaire de César pendant la guerre civile de 49 av. J.-C. Le troisième homme de l’opération est Decimus Brutus Albinus, lieutenant et ami proche de César. Autour d’eux, ils réunissent une soixantaine de conspirateurs.

Les comploteurs retiennent le scénario de l’assassinat en pleine séance du Sénat, le jour des festivités des ides de Mars. Car le temps presse. César doit partir en expédition trois jours plus tard contre les Parthes, dans la Perse antique. Et les conjurés veulent absolument empêcher une nouvelle guerre, surtout contre ce peuple de redoutables guerriers. Le 15 mars 44 av. J.-C., alors que la ville est en fête, les assassins attendent leur proie à l’entrée de la curie de Pompée, sur le Champ de Mars, où doit se dérouler la réunion.

César arrive vers 11 heures à la réunion. La mine pâle, il est transporté sur une litière. Le tyran a été malade dans la nuit. À son entrée, les sénateurs se lèvent en son honneur. L’un d’eux, Lucius Tillius Cimber, lui présente une supplique de la part de son frère en exil. César lui répond par un geste dédaigneux de la main. Le ton monte entre les deux hommes. Tillius saisit César par le col à deux mains. C’est le signal de l’attaque. Cassius tire son poignard et vise le cou du dictateur. Tous les hommes se mettent à frapper.

César reçoit 23 coups de couteau. Il pousse, dit-on, des hurlements de fauve. Dans le groupe de ses assassins, César voit Brutus, le fils de sa maîtresse Servilia, qu’il a vu grandir. L’historien Suétone rapporte que César lui aurait alors dit en grec : "Kai su teknon !" ("Toi aussi, mon petit !"). Traduit en latin par "Tu quoque mi fili !" (littéralement "Toi aussi, mon fils"), ces derniers mots alimenteront la fausse rumeur que Brutus était le fils de César.

Quelques semaines avant sa mort, l’haruspice Spurinna, un devin étrusque, avertit César de " prendre garde à un péril qui ne serait pas reculé au-delà des ides de Mars". Mais le tyran ne se doute pas qu’il s’agit de sa mort. L’historien Appien raconte que, la veille de l’assassinat, César dîne chez son maître de la cavalerie, Lépide, en compagnie de son ami Decimus Brutus Albinus (l’un des traîtres). Ivre, il lance comme sujet de conversation : "Quelle est pour l’homme la meilleure mort ? " Et d’argumenter qu’il préférerait une mort soudaine et inattendue…

À l’entrée de la curie, César décide de reporter la réunion. Comme le veut la coutume, avant un événement important, un prêtre examine les entrailles d’un animal sacrifié pour avoir l’assentiment des dieux. Ce jour-là, on tue trois bêtes et on n’y voit que des mauvais présages. Mais Decimus Brutus Albinus convainc César de maintenir la réunion. En chemin, le rhéteur Artémidore lui remet un billet, dans lequel il lui révèle le complot. "Lis ceci, César, seul et tout de suite, il s’agit d’affaires d’une extrême importance pour toi", insiste-t-il. César le tient encore dans sa main quand il est tué, sans avoir pu le lire.

À la sortie de la curie, la vue de ces hommes ensanglantés, un poignard à la main, sème la panique. On verrouille les portes des maisons, les volets claquent, les échoppes sont désertées. Brutus et les conjurés se réfugient au Capitole pour se mettre à l’abri.

Les conspirateurs avaient prévu de jeter le corps de César dans le Tibre, sans cérémonie. Mais Marc Antoine, qui se retrouve au pouvoir, insiste pour qu’aient lieu des funérailles publiques. Le 20 mars, on dresse le bûcher sur le Champ de Mars. La lecture du testament galvanise l’assistance : César lègue trois pièces d’or à chaque citoyen romain ! Dans un accès de frénésie, les vétérans jettent leurs armes dans le bûcher et les femmes leurs bijoux pour manifester leur douleur.

Les conjurés ne sont pas jugés. Mais peu de temps après les funérailles, Cassius et Brutus s’exilent par peur de la vindicte populaire.



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Source : Texte inspiré de l'article écrit par Julia Zimmerlich de l'équipe "Ça m'intéresse", le 27/09/2021.
Pour les curieux : Barry Strauss, La mort de César, Albin Michel, 2018, 334 p. Traduit de l'anglais par Clotilde Meyer.

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dimanche 10 mars 2024

Qui a tué Marc-Antoine ?


10 mars 1762 - Exécution de Jean Calas.


L'affaire Calas : un innocent, implorant justice, condamné sans preuves, un procès instruit au mépris des lois, et le plus mystérieux : personne n'a jamais su qui avait tué Marc-Antoine Calas.

Jean Calas condamné au supplice de la roue
sur l'actuelle place Saint-Georges à Toulouse.

Ça s'est passé il y a deux cent soixante-deux ans.

Sur les registres de police du 13 d'octobre 1761, c'est la découverte d'un cadavre, qui retient l'attention. Ce soir-là, à 22 heures, le jeune Marc-Antoine Calas, 28 ans, est découvert mort "pendu ou étranglé ", dans le magasin de ses parents, marchands d'indiennes au 16 de la rue des Filatiers, au cœur de la ville.

Nous sommes à Toulouse, le capitoul du quartier, David de Beaudrigue, est chargé de l'affaire. Pour ce catholique fervent, la solution de l'énigme est toute trouvée. Marc-Antoine était désireux de se convertir au catholicisme et le coupable est tout désigné : "C'est le père qui a fait le coup !" Ce huguenot, d'autant plus farouche qu'ils sont de plus en plus minoritaires à Toulouse, n'a pas supporté ce projet de conversion et a donc assassiné son propre fils.

Il faut noter que l’édit de Nantes de 1598 est révoqué. L'édit de tolérance reconnaissant la liberté de culte aux protestants, n’est plus. Louis XIV l’a révoqué le 18 octobre 1685 et que depuis les dragonnades se multiplient pour convertir de force les protestants. Bien que les conséquences de cette politique se révéleront négatives pour le royaume, tant sur le plan économique que sur le plan diplomatique, Louis XV décide de la pérenniser.

Bien que ne reposant sur aucune preuve, l'affirmation du capitoul apparaît comme particulièrement séduisante en cette période de reconquête des âmes par les catholiques. Elle est immédiatement acceptée. Singulièrement par ce parlement ultra-papiste, réputé les comme "le plus aristocratique et réactionnaire de France". Mais aussi par la population toulousaine (50 00 habitants) dont les chefs de file entretiennent savamment la peur et la haine des protestants aux cris de "calvinistes vendus à l'étranger".

C'est dans ce climat d'exaltation, d'exclusion et d'intolérance religieuse que va se dérouler l'instruction du procès. Et que, le 9 mars 1762, sera rendu un verdict sans surprise. le Parlement de Toulouse condamne Jean Calas à la peine de mort par 8 voix contre 5, pour avoir assassiné son fils Marc-Antoine. Il sera également soumis préalablement à la question ordinaire et extraordinaire afin qu’il avoue son crime puisque le dossier est vide. Le Parlement est sursis à statuer sur le cas des autres accusés, Gaubert Lavaysse, un ami des fils de la famille, présent sur les lieux le jour du crime et Jeanne Viguière, servante au service des Calas depuis plus de vingt cinq ans. Les juges attendent les aveux de Jean Calas.

Le 10 mars 1762 au matin, le capitoul David de Beaudrigue soumet le condamné à un dernier interrogatoire. Jean Calas exténué, ne variera pas et confirmera qu’il est innocent ainsi que son entourage. Il subit donc la question ordinaire puis extraordinaire sans rien avouer.
L’après-midi, il endure le supplice de la roue sur l'actuelle place Saint-Georges. L’arrêt du Parlement de Toulouse a prévu que le bourreau "lui rompra et brisera bras, jambes, cuisses et reins, ensuite l'exposera sur une roue qui sera dressée tout auprès du dit échafaud, la face tournée vers le ciel pour y vivre en peine et repentance des dits crimes et méfaits, (et servir d'exemple et donner de la terreur aux méchants) tout autant qu'il plaira à Dieu lui donner de la vie". Durant l’épreuve, Jean Calas est resté digne et ferme, "il ne jeta qu'un seul cri à chaque coup" et ne confessa rien au Père Bourges
Après deux heures passées sur la roue, le bourreau l'étrangle puis jette son corps dans un bûcher ardent. ses cendres sont dispersées au vent.
Le 17 mars, les juges décident de bannir Pierre Calas à perpétuité et d’acquitter Madame Calas, Lavaysse et la servante Jeanne Viguière.

Commence alors ce qui demeure dans l'histoire comme "l'affaire Calas". Les humanistes s'indignent, et à leur tête Voltaire qui se déclare bouleversé par le fanatisme qui a conduit Calas à la mort. Plus d'un siècle avant le "J'accuse" de Zola, il entame une véritable campagne d'opinion à l'échelle européenne et parvient à arracher la réhabilitation de Calas. Le 9 mars 1765, les magistrats de la Cour royale, à Versailles, rétablissent la veuve de Jean Calas dans ses droits, et réhabilitent la mémoire de son défunt époux devenu le symbole du combat des Lumières pour la tolérance et contre le fanatisme…

La seule arme de Voltaire aura été sa plume. Et sa raison. En 1763, il publie son "Traité de la tolérance", directement inspiré de l'affaire Calas.

Dans ce texte fondateur qui sera repris dans le souffle de 1789, l’auteur à succès de Candide jette les bases de la lutte contre l'obscurantisme et le fanatisme., deux dévoiements de l'esprit qu'il rassemble sous un mot "l'Infâme". Il fait un parallèle entre la mort de Socrate et de Jésus et lance la phrase capitale "Puissent les hommes se rappeler qu'ils sont tous frères."

L’affaire Calas n’eut aucune conséquence immédiate sur la législation antiprotestante. Ce fut en 1787 que Louis XVI se décida à signer l’édit de Versailles, édit de tolérance restituant aux protestants uniquement leur état civil. Deux ans plus tard, la Révolution est en marche et bouleverse l’ancien ordre : la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 proclame, dans ses articles 10 et 11, la liberté de conscience et la liberté d’opinion.


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Sources : Article partiellement ou en totalité issu de Wikimédia, d'un article de la Dépêche, publié le 11/03/2012 ainsi que le site internet : https://www.justice.gouv.fr/actualites/actualite/laffaire-calas#proces
Pour les curieux : Voltaire, L'Affaire Calas et autres affaires, préface de Jacques Van den Heuvel Folio Folio classique
mais aussi : de Jack Thomas "1762. L'affaire Calas, religion et intolérance au siècle des Lumières" Editions Midi-Pyrénéennes.

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vendredi 16 février 2024

L'Élysée en deuil


16 février 1899 - La dragée de trop


"Il voulait être César, il ne fut que Pompée !"

François Félix Faure, président de la République de 1895 à 1899

Ça s'est passé il y a 125 ans.

Cette réplique, devenue célébre est prononcée par Georges Clémenceau le 16 février 1899, lorsqu'il apprend la mort du président de la République Félix Faure, cinquante-huit ans, à l’Élysée "dans les bras" de sa maîtresse Marguerite Steinheil*.

Contrairement à la légende urbaine, il n’aurait pas succombé d’un excès de zèle de sa talentueuse maîtresse mais probablement du viagra de l’époque : la dragée Yse. Ce médicament, à base de phosphure de zinc, permet aux seniors de retrouver la virilité de leur jeunesse, mais présente le fatal inconvénient de bloquer la circulation rénale.

La journée du 16 février 1899 est chargée pour notre président : un conseil des ministres est réuni avec pour ordre du jour l’affaire Dreyfus. Passablement désabusé par cette perspective peu réjouissante, Félix Faure téléphone à Marguerite Steinheil et lui propose de venir le détendre vers 17h au Palais l’Élysée.

Félix Faure et l’huissier en charge des visiteurs du palais ont alors convenu d’un code pour signaler l’arrivée de Madame Steinheil : l’huissier doit sonner deux coups.

Le 16 février 1899, alors que le président attend fébrilement sa maîtresse, l’huissier sonne deux coups. Ni une ni deux, Félix Faure avale une dragée Yse et se précipite sur sa visiteuse, mais déception ! Ce n’est autre que le cardinal Richard, archevêque de Paris, qui entre dans le bureau présidentiel. Après cet entretien, Félix Faure enchaîne avec la visite du prince Albert 1er de Monaco venu plaider la cause du capitaine Dreyfus.

Cela provoque la fureur du président qui, par ailleurs, ne pense qu’à la suite de sa journée dans les bras de sa maîtresse.

À la suite de cet entretien houleux qui énerve passablement Félix Faure, l’huissier sonne deux coups.

Cette fois pas d’erreur, c’est bien Madame Steinheil qui se présente ! Albert 1er est sommairement congédié.

Avant de gagner le salon bleu réservé à l’intimité républicaine, Félix Faure se donne du courage en avalant une deuxième dragée. Ce sera la dragée de trop. Passablement éreinté et alors que Madame Steinheil débute ses diligences avec le talent qui la caractérise, Félix Faure fait un malaise sur le canapé.

Alerté par les cris du président et de sa maîtresse, le chef du cabinet Le Gall se précipite dans le salon. Il découvre Félix Faure en tenue d’Adam, ne portant plus que son gilet de flanelle, allongé sur un canapé et la main crispée dans la chevelure de sa maîtresse. Marguerite Steinheil, déshabillée, réajuste nerveusement ses vêtements en désordre et file à l’anglaise.

La mort de Félix Faure au palais de l'Elysée
(illustration parue dans le Petit Journal de 1899)

Félix Faure meurt vers 22h d'un "accident vasculaire cérébral" comme on relève pudiquement le soir même, dans la presse.

Les circonstances croustillantes du décès prirent rapidement le pas sur la tragédie d'une mort subite. La légende rapporta que l'abbé Herzog, curé de la Madeleine, fut mandé par Berthe Faure l'épouse du président pour lui administrer les derniers sacrements mais, sans attendre son arrivée, il fut remplacé par un prêtre de passage devant l'Élysée qui, en demandant à son arrivée : "Le président a-t-il toujours sa connaissance ?" se serait entendu répondre : "Non, elle est sortie par l'escalier de service !". 

Mme Faure habitant l'Élysée, la maîtresse dut en effet, pour éviter le scandale, s'éclipser tellement vite qu'elle en oublia son corset, vêtement que le chef de cabinet Le Gall a conservé en souvenir.

Le président eut droit à des obsèques nationales, célébrées le 23 février 1899, quant à Marguerite Steinheil, elle s'est exilée en Angleterre, y finir ses jours. La "pompe funèbre", comme elle était surnommée à Paris, meurt à quatre-vingt-cinq ans le 18 juillet 1954. à Hove dans le Sussex, ça ne s’invente pas !


* dite "Meg", épouse du peintre Adolphe Steinheil.

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Source : Article partiellement ou en totalité issu de Wikimédia. Pour les curieux : Armand Lanoux, "Madame Steinheil ou la Connaissance du président", éditions Bernard Grasset, Paris, 1983.

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samedi 10 février 2024

Mort de Baudouin III


10 février 1162 – Baudouin III meurt à Beyrouth.

Ça s'est passé il y a 862 ans.

Mort de Baudouin III, enluminure du XIIIe siècle

À l’exception de Godefroy de Bouillon (qui a renoncé au titre de monarque) Baudouin est le cinquième roi franc de Jérusalem, sur les dix-huit monarques qui ont régné de 1100 à 1250 en Terre Sainte.

Il appartient à la dynastie de Gatinais-Anjou qui, comme son nom l’indique, est originaire de ce territoire qu’on n’appelle pas encore la France.

Cette dénomination émergera en effet peu à peu avec le règne de Philippe Auguste, qui naît trois ans après la mort de Baudouin III, en 1165, et qui sera roi de 1180 à 1223.

Le père de Baudouin, Foulques V, est originaire d’Anjou, même s’il a passé une partie de son enfance à la cour royale à Paris.

La mère de Foulques, Bertrade, a en effet abandonné son mari pour rejoindre Philippe 1er de France. Mais Foulques a des prétentions territoriales ambitieuses. Il parvient à se faire désigner par Louis VI le Gros comme le successeur de Baudouin II du titre prestigieux de roi de Jérusalem.

Foulques aborde à Saint Jean d’Acre le 2 juin 1129 avec sa femme Mélisende de Jérusalem.

Après la mort de Baudouin II, Foulques et Mélisende sont tous deux sacrés roi et reine de Jérusalem au Saint-Sépulcre, le 14 septembre 1131.

Baudouin III né la même année, il constitue la première génération des Francs nés en Orient. Son père Foulques meurt le 10 novembre 1143 d’une chute de cheval. Baudouin est alors couronné roi de Jérusalem le 25 décembre de la même année en l'Église du Saint-Sépulcre de Jérusalem, il régnera dix-huit ans.

Couronnement de Baudouin III

Baudouin n’ayant que treize ans, un conseil de régence se met en place pendant sa minorité, conformément aux usages sous l’Ancien régime.

Le conseil de régence est alors présidé par sa mère Mélisende.

Au début du règne, la régence ne bouleverse par le statu quo : le royaume franc de Jérusalem reste allié à Damas contre Zengi, "atabeg" (noble) de Moussol et d’Alep.

Au grès de divers renversements d’alliance, la majorité de Baudouin III approche en 1152.

Mais sa mère s’est habituée à ses fonctions de régente et n’entend finalement pas céder sa couronne à son fils.

La même année, Baudouin est contraint de faire le siège de la Tour de David où sa mère s’est réfugiée, pour la bouter hors de Jérusalem.

À la fin de l’année 1152, Baudouin dispose enfin des coudées franches pour régner sur le trône de la ville Sainte. Son règne effectif durera dix ans, jusqu’en 1162.

Son principal opposant au cours de son règne est le fils de Zengi : Nur ad-Din.

Au grès de ses conquêtes en Terre Sainte, ce dernier n’est plus un simple atabeg comme son père mais devient émir de Damas (reprise aux Francs) et d’Alep.

Comprenant que l’arrivée de croisés francs ne suffira pas à défendre le territoire, Baudouin en appelle à Byzance, mais les discussions s’enlisent avec l’Empereur Manuel 1er.

Après avoir mené des campagnes militaires communes, Manuel opère un renversement d’alliance avec l’émir Nur ad-Din en mai 1159.

Ce renversement d’alliance est bénéfique pour Byzance (en plus de l’émirat d’Alep, les Seldjoukides de Rum font allégeance à l’Empereur d’Orient) mais affaiblit le royaume franc de Jérusalem qui se trouve isolé dans la région.

Baudouin III meurt à Beyrouth le 10 février 1162. On soupçonne le médecin tripolitain Barak de l’avoir empoisonné. Le monarque avait à peine trente ans.

N’ayant pas d’héritiers, la couronne de Jérusalem revient au frère cadet de Baudouin, qui monte sur le trône sous le nom d’Amaury 1er. Sa veuve Théodora Comnène reçoit Saint-Jean-d’Acre en douaire.


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Source : Article partiellement ou en totalité issu de Wikimedia. Pour les curieux : René Grousset, "Histoire des croisades et du royaume franc de Jérusalem", Paris, éditions Perrin, 1935, réimprimé en 2006.

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vendredi 9 février 2024

Qui a tué la Dame de Beauté ?


9 février 1450 - Fatale grossesse


Agnès Sorel, demoiselle d'honneur d'Isabelle 1ere de Lorraine, favorite du roi de France Charles VII, meurt avant l'âge de vingt-huit ans, après avoir donné naissance à une quatrième fille qui n'a pas survécu

Portrait d'Agnès Sorel d'après Jean Fouquet

Ça s'est passé il y a 574 ans.

Installée par le roi Charles VII au Manoir de la Vigne au Mesnil-sous-Jumièges près de Rouen, Agnès Sorel est soudainement prise d'un "flux de ventre", et meurt en quelques heures le 9 février 1450, recommandant son âme à Dieu et à la Vierge Marie et rappelant l’indulgence absolutoire "in articulo mortis" (à l’heure de la mort) accordée par le pape Nicolas V. Elle donne naissance à un enfant prématuré de sept mois, sa dernière fille, qui meurt rapidement après sa naissance. Elle est âgée de vingt-huit ans à sa mort, et meurt officiellement d'une infection puerpérale. Elle a le temps de léguer ses biens à la collégiale de Loches pour que des messes y soient dites pour le repos de son âme, à l'abbaye de Jumièges où est déposé son cœur, ainsi qu'aux membres de sa famille et au roi à qui elle lègue ses bijoux.

Sa mort est si rapide qu'on soupçonne un empoisonnement. Mais qui ? Jacques Cœur ? le Dauphin, futur Louis XI ? Son médecin Robert Poitevin ? Sa cousine germaine Antoinette de Maignelay ? 

L'analyse des restes de son cadavre, à l'occasion de l'ultime déplacement de son gisant dans l'église Saint-Ours de Loches, a révélé qu'elle était atteinte d'ascaridiose, son tube digestif étant infesté d’œufs d'ascaris ; et qu'elle avait absorbé une dose massive de sels de mercure, une purge utilisée à moindre dose en association avec la fougère mâle pour bloquer la croissance des parasites. Le mercure était aussi utilisé pour les accouchements longs et difficiles et pour les suites d'accouchement, mais là encore à dose nettement réduite par rapport à ce qui a été trouvé lors de ces récentes analyses. C'est l'ingestion d'une dose excessive de ce métal lourd qui a entraîné le syndrome dysentérique puis la mort en moins de 72 heures. Le mercure était alors administré sous forme liquide, dans des pilules de mie de pain pour prévenir les brûlures d'estomac. Cependant, la quantité de mercure détectée dans un poil de l'aisselle s'est révélée dix mille à cent mille fois supérieure à celle attendue de l'absorption de doses thérapeutiques, et il est difficile de croire à une erreur médicale. Le suicide est une hypothèse mais celle de l'empoisonnement de cette jeune mère vulnérable qui se relève de couches est nettement plus plausible.

Le premier coupable désigné est Jacques Cœur, son exécuteur testamentaire. Il est même accusé de l'avoir fait assassiner, mais c'est l'un des rares chefs d'inculpation dont il est lavé lors de son procès peu après la mort d'Agnès en effet les motifs manquent pour justifier cette hypothèse, et il n'est pas retenu comme auteur de ce crime - d'autant qu'Agnès, qui l'avait présenté au roi en premier lieu, soutenait son commerce auprès du roi.

Son médecin Robert Poitevin, qui était aussi un de ses trois exécuteurs testamentaires, était le mieux placé pour administrer le poison mais manquait lui aussi de motif. Il est par contre très possible qu'il ait reconnu les symptômes d'empoisonnement mais se soit tu, faute de pouvoir y remédier et, autre bonne raison, de peur d'y perdre sa place voire sa vie au vu de l'importance sociale du possible coupable.

Un autre suspect plus sérieux est le futur Louis XI, qui détestait Agnès pour avoir si bien fait oublier la reine sa mère dans la vie du roi, et a bien pu vouloir priver son père du soutien d'Agnès

Il y a aussi la cousine germaine d'Agnès, Antoinette de Maignelay connue pour la jalousie qu’elle portait à l’encontre de sa cousine, qui, trois mois après la mort d'Agnès Sorel, prenait sa place dans le lit du roi ; le roi la mariera rapidement, en 1450, au seigneur de Saint-Sauveur-le-Vicomte, André de Villequier, un de ses chambellans, et, peu après, Antoinette recevait la seigneurie d'Issoudun. Elle avait donc le double motif de jalousie et de cupidité

Qui était Agnès Sorel ?

Selon les historiens, Agnès Sorel serait née vers 1422, soit à Coudun, près de Compiègne en Picardie, soit à Fromenteau, en Touraine. Son père, Jean Sorel ou Jean Soreau, conseiller du vicomte de Chartres, est châtelain et seigneur de Coudun. Il épouse Catherine de Maignelays, fille de Jean Tristan de Maignelay, châtelain et seigneur de Verneuil-en-Bourbonnais. Agnès n’est pas fille unique, elle a quatre frères : Charles (écuyer du roi), Louis (écuyer), André (chanoine à Paris), et Jean (seigneur de Saint-Gérand). Il semble que certains membres de sa famille soient connus des historiens, comme Geoffroy Soreau, son frère ou son cousin, ou peut-être son oncle, évêque de Nîmes puis de Châlons, ou encore Jean de Maignelay, capitaine gouverneur de Creil.

Agnès est issue de la petite noblesse. A ce titre, elle reçoit une éducation soignée en Picardie. Les historiens s’accordent à dire qu’elle aurait vécu au château de Maignelay-Montigny. Selon l’usage, elle aurait été préparée à occuper la charge très enviée de demoiselle de compagnie d’Isabelle, duchesse de Lorraine, reine de Sicile et femme du roi René, beau-frère de Charles VII. Cette charge lui était destinée dès son plus jeune âge du fait de sa naissance et des recommandations dont elle bénéficiait.

Selon les historiens, s’appuyant essentiellement sur les chroniques de Monstrelet ou de Jean Chartier, la rencontre entre le roi et la jeune femme a lieu à Toulouse, le 19 mars ou septembre 1443. Agnès paraît pour la première fois et le roi est impressionné par sa beauté. L’année suivante, il semble que le roi la fasse entrer au service de la maison angevine. Officiellement, elle est demoiselle de la maison de la reine Marie d’Anjou. Elle passe par la suite au rang de première dame officieuse du royaume de France puis gagne rapidement le statut de favorite officielle. C’est une nouveauté ! Les rois avaient jusque-là des maîtresses mais celles-ci se devaient de rester dans l’ombre… Charles VII lui-même a eu différentes maîtresses mais elles n’auront jamais acquis l’importance d’Agnès Sorel.

L’art de vivre et l’extravagance d’Agnès Sorel poussent la reine au second plan. Elle invente le décolleté épaules nues ; de vertigineuses pyramides surmontent sa coiffe, des traînes longues allongent ses robes bordées de fourrures précieuses. Elle traite sa peau avec onguents et crèmes. Elle maquille ses lèvres de rouge, se fait épiler les sourcils et les cheveux sur le haut du front. La mode suit Agnès Sorel et elle n’hésite pas à se rapprocher des meilleurs marchands pour se procurer ces précieux atouts. Elle devient la meilleure cliente de Jacques Cœur.

Agnès Sorel maîtrise parfaitement l’impact de son influence auprès du roi. Elle lui impose ses amis, s’acquiert la faveur de ses conseillers et se fait octroyer différents fiefs jusqu’à se faire offrir le domaine de Loches où elle fait aménager le château qui surplombe la ville.

Agnès Sorel a plusieurs enfants avec Charles VII. Elle lui donne trois filles, surnommées les bâtardes de France. Cependant, le roi légitime ses filles et les dote richement. De cette union, naît : Marie de Valois qui épouse Olivier de Coëtivy, sénéchal de Guyenne ; Charlotte de Valois qui épouse Jacques de Brézé, sénéchal de Normandie ; Jeanne de Valois qui épouse Antoine de Bueil, comte de Sancerre et chancelier du roi sous Louis XI.


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Source : Article partiellement ou en totalité issu de Wikimedia. Pour les curieux : Jean-Christophe Rufin, Le Grand Cœur, Paris, Gallimard, 2012, 497 p, (Folio n°5696).

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jeudi 1 février 2024

Mort de Sigebert III


1er février 656 – Sigebert III disparaissait.


Baptême de Sigebert III
Jacobus de Voragine, enluminé par Monbaston

Ça s'est passé il y a 1368 ans.

Sigebert III ou Sigisbert III, également connu sous le nom de saint Sigisbert, est le fils aîné du redouté Dagobert et de sa concubine Ragnétrude.

Il voit le jour en 630 et est baptisé alors qu’il a à peine neuf jours en la cathédrale d’Orléans.

Le baptême de Sigebert est célébré en présence de son père Dagobert et de ses plus proches conseillers, notamment le célèbre Eloi, la reine Nanthilde, le trésorier royal Landégisèle ainsi que le référendaire Chadoin en tant que représentant de Burgondie. L'évêque Amand procéda au baptême et Caribert II, frère de Dagobert, parraina Sigebert en le tenant sur les fonts baptismaux. Lors de l'office, Amand récita le pater noster et Sigebert, âgé alors de neuf jours, aurait répondu "Amen".

Malgré la conquête du royaume d’Austrasie en 613 par son grand-père Clotaire II, les couronnes franques de Gaule restent séparées.

C’était une condition posée par la noblesse austrasienne : ces derniers acceptent de réunir le Regnum Francorum à la condition de disposer d’un roi particulier.

C’est dans ce contexte que Clotaire II dépêche son fils Dagobert sur place, lequel devient roi des Francs d’Austrasie en 623. Conformément à l’usage, le fils de Dagobert hérite lui aussi de la charge de roi des Francs d’Austrasie en 639.

Sigebert épouse Chimnechilde en 647. Après quelques années, ils n'ont toujours pas d'enfants et son maire du palais Grimoald le persuade qu'il n'aura pas d'héritier, et le convainc d'adopter son propre fils, nommé Childebert. Mais coup de théatre, quelques années plus tard, Chimnechilde est enceinte et met au monde deux enfants : Dagobert (futur Dagobert II) et Bilichilde (future épouse de Childéric II)

Sigebert III régnera plus de dix-sept ans sur l’Austrasie, de 639 à 656, avant de mourir, pour certains de maladie, pour d'autres assassiné, le 1er février 656 alors qu’il a à peine vingt-six ans. Suite à cette mort, Se sentant menacé, Grimoald se débarrassa du petit Dagobert, agé de trois ans, en l'enfermant dans un monastère en Irlande et mit sur le trône son fils. Ce coup de force entraîna une réaction de la Neustrie, Grimoald fut fait prisonnier. Quant à Childebert "l'adopté", il fut roi d'Austrasie jusqu'à sa mort en 662. Dagobert II, propre fils de Sigebert III, montera sur le trône d'Austrasie qu'en 676, apres le règne de Childéric II, successeur de Childebert "l'adopté".

Les restes de Sigebert III, profanés à la Révolution, sont conservés à la cathédrale Notre-Dame-de-l’Annonciation et Saint-Sigisbert de Nancy, ville dont il est le saint patron.

D'abord objet d'une dévotion strictement locale, il fut reconnu saint cinq siècles après sa mort et canonisé par l'Eglise catholique, il est fêté à Nancy le 1er février.


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Source : Article partiellement ou en totalité issu de Wikimedia. Pour les curieux : Ivan Gobry, Pépin le Bref, Pygmalion, coll. "Histoire des rois de France", 2012

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jeudi 23 février 2023

Stanislas Leszczynski


23 février 1766 – La Lorraine devient Française


Le 23 février 1766, le vieux duc Stanislas Leszczynski meurt dans des conditions atroces, suite aux brûlures qui lui sont advenues lors d'une chute près de sa cheminée, dans son château de Lunéville. Il a 87 ans.

Portrait du roi Stanislas Leszczynski par Jean Girardet XVIIIe siècle
Deux fois roi de Pologne (1704-1709, 1733-1736), duc de Lorraine et de Bar (1737-1766).

Père de la reine Marie Leszczynska, il est l’arrière-grand-père de trois rois de France: Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.

Stanislas naît le 20 octobre 1677 à Léopol / Lwów en République des Deux Nations, aujourd’hui Lviv, ville de l’actuelle Ukraine. Il appartient à une puissante famille polonaise, les Leszczynski. Après avoir été élevé auprès de sa mère Anna, il part à Leszno en Pologne et suit un enseignement fondé sur les sciences, les mathématiques, la littérature et les langues. Il entreprend ensuite un voyage à travers toute l’Europe.
Catherine Opalinska, épouse du duc Stanisla
A son retour, il épouse en 1698 Catherine Opalinska, issue de la grande noblesse. En 1704, il est élu roi de Pologne, mais le contexte politique tendu l’oblige dès 1709 à renoncer au pouvoir.

Commence alors une période aventureuse, parcourant toute l’Europe, qui le mène même jusqu’en territoire turc. Il s’installe finalement à Wissembourg (Alsace) en 1720.

Stanislas ne retrouve une situation stable qu’avec le mariage de sa fille Marie Leszczynska avec Louis XV en 1725.
Le mariage de Louis XV et de Marie Leszczynska à Fontainebleau, le 5 septembre 1725
Après ce mariage royal, Stanislas et Catherina Leszczynski résident à Chambord. Après s’être établi à Nancy, Stanislas continue de voir sa fille à Versailles. Il ne sera jamais apprécié par son gendre, mais demeurera proche de la reine Marie et de ses petits-enfants. "Mesdames" Adélaïde et Victoire, séjourneront quelques semaines chez leur grand-père en 1761 et 1762.

En 1733, il se rend secrètement à Varsovie où il est de nouveau proclamé roi de Pologne. Confronté à une situation politique extrêmement complexe, il regagne la France. En 1737 un compromis est trouvé. Stanislas renonce définitivement au trône de Pologne, en échange du duché de Lorraine et du Bar, que vient d'abandonner son souverain légitime François III.

Stanislas ne détient en réalité qu’une apparence de pouvoir. S’il possède dans ses appartements de Lunéville une salle du trône, il ne prend pas les décisions politiques. Cette mission revient à son chancelier : Chaumont de La Galaizière.
La Galaizière est créé Chancelier par Stanislas Leszczynski,
par François-André Vincent 1778, (musée de lorrain de Nancy)
La Galaizière est créé Chancelier par Stanislas Leszczynski, par François-André Vincent 1778, (musée de lorrain de Nancy) Stanislas saura se faire apprécier des Lorrains grâce à sa générosité et à l'établissement de fondations charitables.

Grand amateur d’art et d’architecture, Stanislas entreprend de grands travaux au château de Lunéville – jardins, kiosques exotiques, automates – tout cela embellit sa vie et celle de sa cour. Le Roi y reçoit les visites de philosophes (Voltaire, entre autres, en 1748), d’artistes, et d’hommes de lettres.
Place Stanislas à Nancy
A Nancy, son architecte favori, Emmanuel Heré, réalise un ensemble urbanistique splendide composé de bâtiments et places dont la fameuse Place Stanislas.

Lui-même philosophe et écrivain, Stanislas fonde la Bibliothèque publique de Nancy, la Société Royale des Sciences et Belles Lettres, et le Collège Royal de Médecine.
Stanislas Leszczynski devant sa cheminée (musée de lorrain de Nancy)
En 1766, âgé et très imposant, il est grièvement brûlé le 5 février lorsque sa robe de chambre prend feu accidentellement devant la cheminée de sa chambre, au moment où il veut raviver la braise. C’est à la suite de ces blessures qu’il meurt le 23 février 1766.
Mausolée de Stanislas en l'église Notre-Dame-de-Bonsecours de Nancy.
La Lorraine devient française et le château de Lunéville une caserne.


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