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mercredi 1 janvier 2025

James Clerk Maxwell


1er janvier 1865 - ... et la lumière fut !


Il y a cent soixuante ans, James Clerk Maxwell publiait son article phare sur l'électromagnétisme et perçait le secret de la lumière. La face du monde allait en être à tout jamais changée.

James Clerk Maxwell (1831-1879)

Ça s'est passé il y a 160 ans.

"Pour orner les murs de son bureau, Albert Einstein avait choisi les portraits des deux génies qui avaient selon lui le plus profondément bouleversé la physique de leur temps et notre vision du monde. L'un était celui de l'Anglais Isaac Newton, père de la loi sur la gravitation. L'autre, de l'Ecossais James Clerk Maxwell, qui légua à l'humanité la théorie de l'électromagnétisme avant de mourir à l'âge de quarante-huit ans en 1879 - l'année de naissance d'Einstein. Un joli symbole que cette coïncidence de date puisque la théorie de la relativité plonge justement ses racines dans celle de Maxwell, qui l'a précédée et préparée.

C'est dans le numéro du 1er janvier 1865 des "Philosophical Transactions" de la Royal Society que Maxwell publie son troisième et dernier article phare sur l'électromagnétisme, parachevant ainsi l'oeuvre commencée une dizaine d'années plus tôt, dès sa sortie du Trinity College de Cambridge.

"Depuis les années 1820-1830 et les travaux pionniers du physicien français André Marie Ampère et de son confrère d'outre-Manche Michael Faraday, les "savants" soupçonnaient l'existence d'un lien entre l'électricité et le magnétisme", rappelle Michel Ney, professeur à l'Institut Mines-Télécom.

De même qu'un courant électrique circulant dans un fil de cuivre engendre alentour un champ magnétique capable de faire bouger l'aiguille aimantée d'une boussole, de même, inversement, un aimant en mouvement engendre un champ électrique qui se traduit par l'apparition d'un courant dans un circuit placé à proximité.

La découverte de ces deux phénomènes symétriques est à l'origine de la deuxième révolution industrielle, puisque le premier est à la base du fonctionnement du télégraphe mis au point par Samuel Morse mais aussi du moteur électrique, tandis que le second est exploité dans les génératrices électriques."(*)


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Petit rappel

James Clerk Maxwell, physicien et mathématicien écossais, nait le 13 juin 1831 et meurt le 5 novembre 1879 à l'âge de 48 ans. De 1847 à 1850 le jeune Maxwell a fréquenté l'université d'Édimbourg. Durant ses années d'étude là-bas, il a découvert la photoélasticité qui est une méthode de détermination de la distribution des contraintes à l'intérieur d'une structure physique. De 1850 à 1856, Maxwell qui était déjà un jeune et brillant mathématicien allait aussitôt rentrer à l'université de Cambridge.

Durant sa carrière, il a effectué différents travaux scientifiques pour lesquels il est devenu célèbre pour la plupart. On parle notamment du modèle unifié qu'a proposé Maxwell sur l'électricité et du magnétisme en apportant une importante modification du théorème d'Ampère, branche de la physique qu'on appellera par la suite "électromagnétisme".

Grâce aux travaux de Michael Faraday, il a pu démontrer que la lumière n'est rien d'autre qu'un phénomène électromagnétique, et que les champs électromagnétiques peu importe sa nature se propage à la vitesse de la lumière dans le vide.

Il a notamment inventé une méthode statistique de description de la théorie cinétique des gaz couramment appelé distribution de Maxwell. Sa formule indique la proportion des molécules d'un gaz se développant à une certaine vitesse à une température donnée, ce modèle globalise les lois de la thermodynamique et permet d'expliquer statistiquement un certain nombre d'observations expérimentales.

C'est grâce aux travaux de Maxwell qu'Einstein a pu établir la théorie de la relativité. C'est pour ça que Richard Feynman éminent physicien américain, a dit: "Depuis des temps immémoriaux, disons depuis dix mille ans, il y a peu de doute que l'évènement le plus marquant sera pour un temps la découverte (au XIXe siècle) de Maxwell sur les lois de l'électromagnétisme".


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Source : Article partiellement ou en totalité issu de Wikimédia.

(*) Extrait de l'article de Yann Verdo paru dans "les Echos" du 5 janvier 2015.

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mercredi 8 mai 2024

Antoine Laurent de Lavoisier


8 mai 1794 - La guillotine est passée par là !


"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme". Pour Lavoisier, cette loi de conservation de la matière, est applicable à toutes les sciences, et, bien entendu, à la chimie. Elle avait déjà été formulée par le grec Anaxagore de Clazomènes, en 450 av. JC.

Antoine Laurent Lavoisier (1743-1794)

Ça s'est passé il y a deux cent trente ans.

Antoine Laurent de Lavoisier est un des plus grands chimistes que la terre ait jamais porté. C'est de lui qu'on doit la très célèbre phrase: "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme." Lavoisier scientifique d'origine française, est né 26 août 1743 à Paris et décédé 50 ans plus tard, précisément un 8 mai.

Ce serait malhonnête de qualifier Lavoisier comme étant uniquement un homme de science. Il était aussi connu comme étant un polymathe aguerri doté de connaissances très variées et approfondies. Il était avocat, économiste, chimiste, physicien, astronome, philosophe, biologiste, écrivain et météorologue.

En tant qu'homme d'esprit universel, il a révolutionné la chimie en devenant le père de la chimie moderne.

Il est celui qui est arrivé à changer notre conception de la chimie, au moment où il a découvert que l'oxydation rapide dite aussi combustion est la combinaison d'une substande avec le dioxygène.

Mais Antoine Laurent de Lavoisier est aussi un "businessman". Il achète en 1770 une charge de fermier général (collecteur d'impôts) qui lui vaudra de devenir très riche, de mener un train de vie fastueux. Son nouveau poste lui permet de financer toutes ses expériences. En effet avant la Révolution, un fermier général est celui qui avance une somme au roi de France qui devrait être celle de l’impôt. Il se rembourse ensuite en percevant le véritable impôt avec un net bénéfice.

Une situation curieuse qui fait donc que l’impôt n’est pas perçu par l’État mais par des personnes privées qui gagnent énormément d’argent. C’est une des premières choses que la Révolution Française va faire sauter. Lavoisier est d’ailleurs plutôt partant au départ pour la révolution.

Quand éclate la Terreur, la crise de l’assignat et le passé de Fermier Général de Lavoisier comptent bien plus que ses recherches.

Arrêté en novembre 1793, après un procès qui dure moins d'une journée, il est condamné à mort. Au moment de la sentence, Lavoisier, qui n’a jamais cessé ses recherches, demande un délai pour terminer une expérience importante. Jean Baptiste Coffinhal, le président du tribunal révolutionnaire lui répond vertement "la République n’a pas besoin de savants !".

Il est guillotiné place de la Concorde le 8 mai 1794 (19 floréal an II) sans avoir fini ses recherches, avec vingt-sept autres fermiers généraux. Ce qui fera dire à Louis de la Grange, éminent mathématicien "Lavoisier est mort. Il ne leur aura fallu qu’un moment pour faire tomber cette tête, et cent années, peut-être, ne suffiront pas à en reproduire une semblable".

Son corps, dépouillé, est empilé dans la fosse commune des Errancis, avant d'être transferé aux Catacombes de Paris.

Pour honorer Lavoisier, les Français ont mis son nom parmi les Soixante-douze (72) noms de savants inscrits sur la tour Eiffel, façade Trocadéro. il est, aussi, représenté sur l'hôtel de ville de Paris.


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Source : Article partiellement ou en totalité issu de Wikimédia.
Pour les curieux : Édouard Grimaux, La Mort de Lavoisier, Revue des Deux Mondes, 3e période, tome 79, 1887 (p. 884-930).

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samedi 23 mars 2024

Mort d'Archimède de Syracuse


212 av. J.-C. - "Ne dérange pas mes cercles".


l'auteur du célèbre principe : "Tout corps plongé dans un liquide subit, de la part de celui-ci, une poussée exercée du bas vers le haut et égale, en intensité, au poids du volume de liquide déplacé", meurt d'un simple et idiot coup d'épée.

Archimède de Syracuse (287 av. J.-C. - 212 av. J.-C.)

Ça s'est passé il y a 2236 ans.

Archimède de Syracuse fut un savant universel de l'antiquité et l'un des plus grands mathématiciens ayant jamais existé. Il serait né vers les années 287 av. J.-C en grèce. Son père Phidias fut un éminent astronome, comme tous les pères il voulait que son fils reçoive la meilleure éducation, il l'inscriva donc à la très prestigieuse école d'Alexandrie.

Eminent scientifique, il a contribuér à l'élaboration de l'hydrostatique, découvert une force mystérieuse qui existe pour tous les corps plongé dans un fluide. Force qu'on appelle aujourd'hui poussée d'Archimède. Et nous lui devons la fameuse et celebre expression "eurêka", "J'ai trouvé".

Ses travaux en géométrie et en mécanique sont inégalables. Il est surnommé le père de la mécanique statique. Hormis ses différents travaux scientifiques, il a été surtout reconnu comme étant un ingénieur millitaire hors pair. À lui seul il a inventé diverses machines de guerre telle que la griffe d'Archimède.

Malheureusement pour Archimède, en l'an 212 av. J.-C., la ville de Syracuse allait tomber aux mains des Romains. À ce moment là, le vieux Archimède âgé de 75 ans était en train de faire de la géométrie sur le sol. Trop pris par ses travaux, il était inconscient de l'arrivée des soldats Romains, il n'a pas eu le temps de s'échapper.

Un soldat romain croisa Archimède alors que celui-ci traçait des figures géométriques sur le sol. Troublé dans sa concentration par le soldat, Archimède lui aurait lancé "Ne dérange pas mes cercles". Le soldat se sentant offensé par le mépris dont faisait preuve Archimède à son égard, sans hésiter, sorti son épée et lui transperça l'abdomen. C'est ainsi qu'Archimède mourut.

La mort d'Archimède par Edouard Vimont (1846-1930).


Le général consul Marcus Claudius Marcellus qui dirigeait l'armée romaine, et qui avait en haute estime le savant, ne désirait pas sa mort et fut navré d'apprendre son décès. Il fit organiser des funérailles grandioses, et sur le tombeau du savant, il fit graver... une sphère et son cylindre circonscrit et, pour inscription, le rapport du solide contenant au solide contenu.


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Source : Article partiellement ou en totalité issu de Wikimédia.

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vendredi 1 mars 2024

Benjamin Delessert (1773-1847)


1er mars 1847 - Disparition d'un philanthrope en sucre


Benjamin Delessert fut l’un des hommes les plus brillants de son époque. Doué d’une vive intelligence, d’une grande curiosité et d’un altruisme remarquable, il fut tour à tour industriel, inventeur, banquier et collectionneur.

Jules Paul Benjamin Delessert (1773-1847)

Ça s'est passé il y a 177 ans.

Issu d'une famille protestante de soyeux d'origine suisse, Jules Paul Benjamin Delessert, né à Lyon le 14 février 1773, s'est rendu célèbre sous le Premier Empire en développant la méthode d'extraction du sucre de la betterave inventée par Jean-Baptiste Quéruel et reçoit le titre de baron d'Empire.

Formé en Grande-Bretagne, le pays le plus en avance de son époque, aux techniques industrielles (la machine à vapeur de Watt) il a également suivi les cours du fondateur de l'économie politique, Adam Smith en personne.

En 1795, tandis que la France se remet avec peine des désordres de la Terreur, il crée un bureau de bienfaisance à Paris puis, en 1800, le premier "fourneau économique Rumford". C'est l'ancêtre des soupes populaires.

Mais cet infatigable entrepreneur, plutôt que de faire la charité aux travailleurs nécessiteux, préfère leur apporter un soutien actif et les aider à se prendre en charge, selon le principe que développera bien plus tard l'abbé Pierre ! En 1801, il crée la Société d'encouragement pour l'enseignement industriel et, l'année suivante, la Société philanthropique, dont le but est de promouvoir toutes inventions ou innovations sociales susceptibles d'aider les pauvres : création de dispensaires, patronage de sociétés de secours mutuels etc.

"C’est le propre du vrai talent de faire de très belles choses d’une manière simple." Benjamin Delessert ; Le guide du bonheur (1839)

Dans les heures sombres de l'Empire, il met sa fortune et son génie au service du pays en industrialisant le procédé d'extraction du sucre de betterave. Cela lui vaut les félicitations de l'Empereur, la Légion d'Honneur et le titre de baron.

Sous la Restauration, il consacrera sa fortune à la constitution de grandes collections de botanique, en relation avec les naturalistes de l'époque comme Alexander von Humbolt. En 1818, il couronnera son œuvre philanthropique avec la création de la Caisse d'Épargne de Paris, la première d'une nombreuse progéniture.

Un boulevard à son nom dans Paris

Il meurt le 1er mars 1847 à Paris, à 74 ans d'une maladie du cœur. Il est inhumé au cimetière familial de la rue Lekain puis au cimetière de Passy, dans le tombeau de la famille Delessert. A sa demande, sur sa tombe fut inscrit : "Ci-gît l’un des co-fondateurs des Caisses d’Epargne"


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Source : Article partiellement ou en totalité issu de Wikimédia. Pour les curieux une visite sur le site de l'Institut Benjamin Delessert (https://institut-benjamin-delessert.net › institut)

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jeudi 12 janvier 2023

Pierre de Fermat (1601?-1665)


12 janvier 1665 - Mort de Pierre de Fermat


Un mystère plane toujours quant à l'endroit où se trouve la tombe de Pierre de Fermat.
Le génial mathématicien, est-il réellement enterré sous la place Jean Jaurès à Castres ? 
Son tombeau se trouve-t-il dans l'église du couvent des Augustins à Toulouse, 
qui depuis 1795 est un musée ?
Mystère?
Pierre de Fermat (1601?-1665)
Magistrat, poète, polymathe et mathématicien français
surnommé le "Prince des amateurs"
"... Mathématicien et magistrat la carrière de Pierre de Fermat s'est déroulée entre les villes de Toulouse et de Castres. Certes, c'est à Toulouse qu'il a vécu la plus grande partie de sa vie, d'abord comme commissaire aux Requêtes puis comme conseiller au Parlement. Mais il a siégé également pendant plusieurs années à la Chambre de l'Édit, alors établie à Castres, et c'est dans cette ville qu'il meurt le 12 janvier 1665.

"... Fermat revient à Castres en novembre 1663 ; il y retrouve son fils cadet Jean, alors chanoine au chapitre cathédral. Ce séjour qui doit se prolonger d'une année en raison du renouvellement de sa Commission, va être interrompu par la mort, le 12 janvier 1665.

"... Un codicille, rédigé le 13 septembre 1664, à son testament apporte quelques précisions sur ses derniers mois à Castres. Dans le préambule, Fermat indique qu'il est "incommodé d'une maladie qui pourrait avoir de mauvaises suites" puis il précise les avantages faits à sa femme dans son testament dont il confirme les autres dispositions. C'est le jour même de sa mort, le 12 janvier 1665, que Pierre de Fermat, "alyté dans son lit... à cause de certaine maladie et indisposition corporelle, ayant toutefois son bon sens, mémoire, entendement et parfaite cognoissance", confie au notaire ce codicille préalablement "cousu de soye noire et cacheté de son cachet ordinaire avec cire rouge en dix endroits" voulant qu'il demeure secret jusqu'à son décès.

"... Ainsi se trouve infirmée la tradition, longtemps vivace à Castres, qui voulait que Fermat soit mort subitement au cours même d'une audience à la Chambre de l'Édit.

"... Il faudrait pouvoir maintenant préciser la destinée de sa dépouille mortelle. Deux certitudes seulement : tout d'abord on sait que Pierre de Fermat a été inhumé le 13 janvier 1665 dans la chapelle des Révérends Pères de Saint-Dominique "où les Messieurs du Vénérable Chapitre ont fait l'Office" ; le registre des orbituaires précise  "la dite sépulture est dans le balustre du costé du septentrion et il y a une pierre, son nom inscrit dessus ". Ensuite, M. Pierre Salies a établi sans conteste que le reçu de " Mademoiselle de Fermat, veuve à Monsieur Fermat, pour la présence des religieux à l'enterrement de M. Fermat ", en date du 24 décembre 1675, ne correspond pas au transfert des cendres du conseiller en la Chambre de l'Édit, dans le mausolée élevé par son fils dans la chapelle des Augustins de Toulouse, mais à l'enterrement de Christophe Fermat, marchand chandelier à Toulouse.

"... On ne peut maintenant que formuler des hypothèses : il nous paraît peu probable que le corps de Fermat ait été transféré à Toulouse ; les transferts de corps sont rares à cette époque et ils sont le plus souvent signalés dans les registres. Par contre, le fait capital est que la chapelle des Jacobins, rapidement rebâtie en 1598 au retour des frères Prêcheurs dans la ville, détruite à nouveau en 1622 lors des guerres du duc de Rohan et reconstruite à partir de 1632, a été remplacée par une nouvelle chapelle dont la construction a commencé le 20 juin 1665 ; mais l'ouverture de l'église n'a été réalisée qu'en 1678 et les travaux d'aménagement se sont poursuivis jusqu'après 1700.

"... La chapelle, où a été inhumé Fermat, a été transformée à la fin du XVIIe siècle, puis démolie au XIXe siècle, ainsi que tout le couvent, sans qu'à aucun moment ne soit mentionné le transfert des corps qu'elle contenait. On peut regretter que la tombe de Fermat n'ait pas résisté aux injures du temps et surtout à l'indifférence des hommes. La présence de cette tombe n'ajouterait certes rien à la gloire du mathématicien, mais elle serait un prestigieux témoignage d'un moment capital de l'histoire de Castres. ..."

Extrait du "Fermat à Castres" de Dr Pierre Chabbert. (Revue d’histoire des sciences – 1967)
Plaque posée Place Jean Jaurès à Castres
où Fermat a été enterré
On peut y lire :
En ces lieux le 13 janvier 1665 a été enseveli
Pierre de Fermat
conseiller à la chambre de l'Edit
et mathématicien de grand renom
célèbre pour son théorème,
aⁿ + bⁿ ≠ cⁿ pour n > 2

Qui était Pierre de Fermat ?

Pierre Fermat est né à Beaumont-de-Lomagne dans le Tarn-et-Garonne. On ignore la date exacte. Pour certains le 20 août 1601, pour d’autres le 31 octobre 1605 et d’autres encore entre 1607 et 1608.

Issu d’une famille bourgeoise, il fait ses études à Toulouse qu’il poursuit à Orléans pour devenir bachelier en droit civil.

En 1630, il est nommé conseiller du roi à la Chambre des requêtes au Parlement de Toulouse et à partir de 1648, il accède à des fonctions plus élevées hiérarchiquement, à la Chambre Criminelle et la "Grand’Chambre"**. Puis en 1648, il devient membre de la Chambre de l'Edit de Castres.

Ses fonctions de magistrat lui assurent des revenus aisés accommodés d’un domaine d’environ 140 hectares de bonnes terres de culture. Par ailleurs, ses hautes responsabilités parlementaires lui permettent d’ajouter une particule de noblesse à son nom pour devenir Pierre de Fermat. 

Mais aux dires de certains, ce n’est pas par ses qualités professionnelles que Fermat est reconnu. Il serait même un médiocre magistrat. En revanche, ses activités scientifiques pour lesquelles il s’adonne en amateur, le consacrent comme un génie de son temps. Il ne s’intéresse aux mathématiques que par plaisir, adore la démonstration et propose des méthodes innovantes. 

Pourtant Fermat ne publiera rien de son vivant ; l’essentiel de ses travaux se dispersent au travers de correspondances avec quelques-uns des plus grands scientifiques de son temps tels que Galilée (1564-1642), René Descartes (1596-1650), Blaise Pascal (1623-1662) ou Marin Mersenne (1588-1648).
Marin Mersenne (1588-1648) Religieux,
Physicien, mathématicien et Philosophe français
En 1632, Fermat rencontre pour la première fois Pierre de Carcavi (1600?-1684), un autre conseiller au parlement de Toulouse avec lequel il se lie d’amitié et partage son goût pour les sciences. C’est avec lui et Mersenne que Fermat traite de problèmes sur la chute des corps déjà exposés par Galilée.
Pierre de Carcavi (1600?-1684),
Conseiller au Parlement de Toulouse et
mathématicien français
En parallèle avec Descartes, avec qui Fermat correspond et n’est pas toujours en accord, il développe la notion de représentation graphique d’une fonction. Pour Descartes, le repère permet de résoudre un problème de géométrie alors que Fermat part directement d’une expression algébrique pour tracer la courbe. 

Ses travaux en analyse sont les bases du calcul différentiel que reprendront un peu plus tard Isaac Newton (1643-1727) et Gottfried Wilhelm von Leibniz (1646-1716). Fermat approche la notion de dérivée pour trouver les minima et maxima de fonctions polynômes et développe une méthode d’intégration proche de celle utilisée aujourd’hui.
René Descartes (1596-1650)
mathématicien, physicien et philosophe français
Dans leurs correspondances, Fermat et Pascal exposent une théorie nouvelle : les calculs de probabilités. Ils s’intéressent à la résolution de problèmes de dénombrement comme par exemple celui du Chevalier de Méré : "Comment distribuer équitablement la mise à un jeu de hasard interrompu avant la fin ?" (le paradoxe du Chevalier Méré). 

L'ensemble des résultats de leurs recherches sera publié en 1675 par Christiaan Huygens (1629-1695) dans son ouvrage "De ratiociniis in ludo aleae".
Blaise Pascal (1623-1662),
Mathématicien, physicien, moraliste, philosophe,
inventeur et théologien français
Mais ce qui passionne le plus Fermat, ce sont les problèmes de l’Antiquité. Il expose et développe des travaux d’arithmétique de Pythagore de Samos (569avJC-475avJC), Euclide d'Alexandrie (320avJC-260avJC), Archimède de Syracuse (287avJC-212avJC), Eudoxe de Cnide (408avJC-355avJC) et Diophante d'Alexandrie (IIIème siècle de notre ère). C’est dans l’ouvrage de ce dernier, "Les Arithmétiques" que Fermat renferme toutes ses recherches sur la théorie des nombres. Il y laisse de nombreux énoncés non démontrés que plus tard le mathématicien suisse Leonhard Euler (1707-1783) tentera de résoudre. On y trouve en particulier l’un des problèmes les plus célèbres de l’histoire des mathématiques : "La conjecture de Fermat" :

 " L’équation xⁿ + yⁿ = zⁿ n’a pas de solution avec x, y, z > 0 et n > 2 "

Cet ouvrage annoté par Fermat sera publié par son fils juste après sa mort en 1665. 

Grace à Fermat l'arithmétique devient une branche des mathématiques à part entière qui se sépare alors de la géométrie.

Nous devons aussi à Fermat le raisonnement par l’absurde qui pour démontrer une affirmation, consiste à supposer l’hypothèse contraire comme vraie dans le but d’aboutir à une contradiction. L’hypothèse contraire étant fausse, l’affirmation est donc vraie. 

Un exemple célèbre de démonstration par l’absurde : Soient deux hypothèses :
- Socrate est un homme
- Les hommes sont mortels
Démontrons par l’absurde que "Socrate est mortel". Pour cela, supposons le contraire : "Socrate est immortel". Puisque les hommes sont mortels, Socrate n’est pas un homme. Mais ceci est contradictoire avec la première hypothèse "Socrate est un homme". La proposition de départ "Socrate est immortel" est donc fausse, son contraire est alors vrai : "Socrate est mortel".

Qu'est-ce que la "conjecture de Fermat"

En mathématiques, on appelle conjecture, une règle qui n'a jamais été prouvée. On a vérifié cette règle sur beaucoup d'exemples mais on n'est pas sûr qu'elle soit toujours vraie. Mais pourquoi la conjecture de Fermat a-t-elle été la plus célèbre d'entre toutes ? 

Tout commence par le théorème de Pythagore. 

Nous savons qu’il existe des solutions à l’équation x² + y² = z². Ce sont les longueurs des côtés d’un triangle rectangle, aussi appelés triplets pythagoriciens. Par exemple, (3, 4, 5) en est un. Le mathématicien français Pierre de Fermat se pose alors la question suivante : si l’on remplace les carrés par des cubes, existe-t-il des solutions non nulles à l’équation x³ + y³ = z³ ? Essayons par exemple 3³ + 4³ = 91, mais 91 n’est pas un cube … Fermat en arrive à affirmer que ce n’est pas possible pour les cubes ni même pour aucune puissance strictement supérieure à 2. 

"Un cube n'est jamais la somme de deux cubes, une puissance quatrième n'est jamais la somme de deux puissances quatrièmes et plus généralement aucune puissance supérieure à 2 n'est la somme de deux puissances analogues." 

Et Fermat ajoute : "J’ai trouvé une merveilleuse démonstration de cette proposition, mais la marge est trop étroite pour la contenir" .
La fameuse marge annotée par Fermat dans "Les Arithmétiques"
Affirmation que Fermat, farceur ou vantard, n’est très certainement jamais arrivé à démontrer !!! 

L'énoncé de la "conjecture de Fermat" dans le langage d’aujourd’hui donne : 
"L’équation xⁿ + yⁿ = zⁿ n’a pas de solution en entiers strictement positifs, pour tout entier n strictement supérieur à 2. " 

Fermat établira tout de même une preuve pour n = 4. Plus tard, le suisse Leonhard Euler (1707-1783) propose une démonstration pour n = 3. En 1828, l’allemand Peter Lejeune-Dirichlet (1805-1859) la démontre pour n = 5, puis en 1840, Gabriel Lamé (1795-1870) et Joseph Liouville (1809-1882) pour n = 7. 

La course folle après la conjecture de Fermat est lancée. Les plus grands mathématiciens et savants s’affrontent pour être le premier à venir à bout de cette étonnante conjecture à l'énoncé si simple mais dont la démonstration semble inaccessible. Il faut dire que des récompenses très appréciables sont promises. L’Académie des sciences de Paris promet une médaille d’or et une somme de 300 000 francs or. 

C’est en 1993 que la conjecture défraie la chronique. Les médias de toutes parts annoncent la fin de ce grand mythe des mathématiques, qui résistait depuis plus de 350 ans à toutes les démonstrations. Le gagnant s’appelle Andrew Wiles, un anglais né à Cambridge en 1953. Sa mère, professeur de mathématiques l’initie très jeune au maniement des nombres. C’est à l’âge de 10 ans qu’il tombe dans la "conjecture de Fermat" en empruntant à la bibliothèque un manuel d’histoire des mathématiques relatant les travaux du mathématicien français. 

"Cela avait l’air si simple, et pourtant aucun des grands mathématiciens de l’histoire n’avait pu le résoudre." dira Wiles à la première lecture de l'énoncé.

Pas si simple, car il faudra au mathématicien anglais sept années d’isolement et de labeur pour arriver à bout, (croyait-il ?) le 23 juin 1993 de la conjecture de Fermat. 

A l’Institut Isaac Newton de Cambridge, Il expose sa démonstration devant une assemblée de savants. L'idée de Wiles est remarquable, en passant par les courbes elliptiques, il unifie différentes branches des mathématiques pour prouver la conjecture de Fermat... Mais après plusieurs semaines, on s’aperçoit que sa preuve comporte une faille. 
Andrew Wiles 
Même si Wiles tente corriger son erreur, après ce revers, c'est le doute puis le désarroi qui l'emportent. Quand le matin du lundi 19 septembre 1994, assis à son bureau, Wiles a de façon tout à fait inattendue une incroyable révélation. Il réalise ce qui empêche sa démonstration de fonctionner et se remet alors au travail. 

En mai 1995, il publie la correction de sa démonstration qui est ensuite officiellement reconnue dans le monde scientifique. Celle-ci fait tout de même plus de 1000 pages. Fermat avait raison de dire qu’elle ne pouvait tenir dans sa marge !!!  

Il reçoit alors un prix spécial par le congrès international des mathématiciens qui attribue habituellement la médaille Fields (l’équivalent du prix Nobel en mathématiques)*, le prix Fermat en 1995 et surtout la fierté de voir la conjecture de Fermat changer de statut et de nom pour devenir le Théorème de Fermat-Wiles.
Statue de Pierre de Fermat
à Beaumont-de-Lomagne

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* Ayant dépassé l'âge de quarante ans au moment de sa découverte, il n'a pas pu être honoré de la médaille de Fields.

** La Grand’Chambre : cette salle (anciennement "salle neuve" dans le château narbonnais, détruit en 1549) est aujourd’hui la première chambre de la cour d’appel de Toulouse.
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