samedi 18 mars 2023

1793 - Neerwinden


18 mars 1793 – La victoire de Neerwinden est autrichienne.


La bataille de Neerwinden est une défaite cuisante d'une armée républicaine française contre une force alliée composée d'Autrichiens et de Néerlandais pendant la guerre de la Première Coalition (1792-1797), qui s'inscrit dans le cadre plus large des guerres révolutionnaires françaises (1792-1802).

La bataille de Neerwinden, le 18 mars 1793.
Sur cette aquarelle de Johann Nepomuk Geiger,
le prince reçoit les généraux français prisonniers.

Le choix du terrain était de bon augure pour les Français ; un siècle auparavant, une armée française avait vaincu une force anglo-hollandaise sur ce même champ de bataille pendant la guerre de neuf ans (1688-1697).

Au mois de février 1793, le prince et maréchal autrichien, Frédéric de Saxe-Cobourg-Saalfeld (*), est nommé commandant en chef de l’armée impériale (dans laquelle sont incorporés quelques régiments levés dans les Pays-Bas méridionaux) dans les Pays-Bas autrichiens et se voit charger de reconquérir les territoires conquis en 1792 par la France révolutionnaire.

Le 1er mars 1793, Cobourg étrille sévèrement à Aldenhoven le corps de réserve français, commandé par le général Lanoue et force deux jours plus tard les Français à abandonner le siège de Maastricht.

Le prince Frédéric Josias de Saxe-Cobourg-Saalfeld,
portant la croix et le cordon de l'ordre militaire de Marie-Thérèse.

Le 18 mars 1793, le maréchal autrichien livre bataille près du village de Neerwinden, entre Tirlemont et Landen, à une armée française conduite par le général Charles Dumouriez (**). Les forces en présence s’équilibrent respectivement à 40.000 hommes de part et d’autre. S’établissant défensivement sur un plateau entre les villages d’Overwinden et d’Orsmael-Gussenhoven, le prince divise son armée en trois groupes. Informé du positionnement ennemi, le général français Dumouriez choisit d’attaquer les positions ennemies avec 8 colonnes d’assaut.

Le général Charles François Dumouriez par Jean-Sébastien Rouillard (1834).

La bataille débute le 18 mars 1793, entre sept et huit heures du matin, par un mouvement général qui surprend d’abord le prince de Cobourg. L’ordre est aussitôt donné de repousser les Français. Une première colonne menée par le général de Lamarche, rejoignant celle du général Le Veneur, s’empare des villages d’Overwinden et de Racour. Au terme d’une lutte farouche, les Français s’en voient toutefois chassés trois fois par les forces impériales.

Une 3e colonne, menée par Neuilly, s’empare quant à elle de Neerwinden avant d’apporter son appui aux forces de Lamarche et de Le Veneur, permettant aux Impériaux de reconquérir Neerwinden.

Les 4e et 5e colonnes françaises, menées par le jeune duc de Chartres (le futur roi Louis-philippe Ier) parviennent finalement à reprendre ce village mais se retrouvent assaillies par l’infanterie ennemie et un intense feu d’artillerie qui les forcent à se replier de Neerwinden dans une grande confusion. Voyant son centre en péril, le général Dumouriez accourt alors, parvient à ranimer le courage de ses soldats et à les ramener au combat. Neerwinden est reconquis une troisième fois par les Français, mais est à nouveau perdu devant la détermination et le feu des Autrichiens.

Portrait de Louis-Philippe d'Orléans, duc de Chartres, à l'âge de seize ans en 1789.

Voyant faiblir les Français, Cobourg ordonne à sa cavalerie de les charger à partir de Neerwinden et de la Tombe de Middelwinden ; deux charges successives de la brigade Hoditz bousculent les escadrons français et menacent les colonnes françaises. Une autre brigade de cavaliers autrichiens charge l’infanterie du général Diettman. Ces attaques sont finalement endiguées et la brigade Hoditz repoussée par le 10e dragon.

Sur l’aile droite française, la 6e et la 7e colonne, après s’être emparées du village d’Orsmael-Gussenhoven, voyant leurs bataillons de milice céder à la panique, cessent leur avance et se replient. Avec la tombée du soir, les combats cessent.

La victoire de Neerwinden est autrichienne.

Le lendemain, les forces françaises entament leur repli, ayant subi une perte de quelque 3.000 tués et blessés, de 1.000 prisonniers et d’une trentaine de canons. Les Autrichiens, pour leur part, ont perdu quelque 1.400 tués et blessés. Cinq jours après Neerwinden, le prince Frédéric de Saxe-Cobourg-Saalfeld inflige près de Louvain une nouvelle défaite au général Dumouriez. Les territoires belges sont bientôt provisoirement reconquis par l’Autriche.

Conséquences : Les Français sont chassés de la Belgique et le général Charles-François Dumouriez  à trahir son pays et passer dans la camp des Autrichiens.

Sources : Auteur : Alain Tripnaux, historien, président de l’association historique Le Tricorne.
https://belgiumbattlefield.be/fr/batailles/seconde-bataille-neerwinden-1793



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* Le prince Frédéric Josias de Saxe-Cobourg-Saalfeld (né le 26 décembre 1737 à Cobourg et mort le 26 février 1815 dans cette même ville). Il guerroie avec succès en Moldavie où il remporte les victoires de Focşani, Râmnic et Martinestje contre les Ottomans, ce qui lui vaut la dignité de feld-maréchal en 1789.

** Charles François du Perrier du Mouriez, dit Dumouriez (né le 26 janvier 1739 à Cambrai, mort le 14 mars 1823 à Turville-Park, près de Londres) Général français, vainqueur avec Kellermann de la bataille de Valmy. Il s’oppose à la Première République française et la trahit au profit de l'Autriche.
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