samedi 2 mars 2024

Bourguignons vs Confédérés suisses


2 mars 1476 - Bataille de Grandson


Bataille inscrite dans le cadre des guerres de Bourgogne opposant Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, déjà en guerre avec le roi de France, à la Confédération suisse des VIII cantons et au duché de Lorraine, alliés de Louis XI.

La bataille de Grandson par Diebold Schilling le Jeune (1513)

Ça s'est passé il y a 548 ans.

La bataille de Grandson est la quatrième rencontre dans le cadre de la Guerre de Bourgogne. Après Héricourt en 1474, La Planta en 1475 et Nancy en 1475, c'est à Grandson sur le sol suisse, le 2 mars 1476 que les belligérants bourguignons et suisses se retrouvent face à face. Cette bataille est une victoire Suisses.

En 1369, le duc Philippe II de Bourgogne épouse Marguerite III de Flandre dont la dot et l'héritage à venir (Franche-Comté, comté de Flandre et comté d'Artois) agrandissent considérablement les possessions du duc. Dès lors, les héritiers de Philippe le Hardi n'auront de cesse de relier la Bourgogne aux provinces du nord, si possible de manière pacifique, par mariage, héritage ou acquisition. C'est ainsi que se formèrent les Pays-Bas bourguignons.

Charles le Téméraire, lui, voulut ou dut utiliser la manière forte, car Louis XI, roi de France, sentant la menace de cet État concurrent tenta de s'opposer à son développement. À l'est, les Confédérés suisses, en particulier les Bernois, ne voyaient pas d'un bon œil la création de ce vaste territoire qui risquait de les priver de leur relations commerciales entre les "pays d'en-bas" et l'Italie.

L'année 1474 représente une ouverture pour les Confédérés qui ratifient l'accord de "Paix perpétuelle" avec l'archiduc Sigismond d'Autriche. Simultanément, un accord anti-bourguignon est passé avec Louis XI qui finance richement les Suisses. L'ennemi héréditaire ayant disparu, leurs Excellences de Berne se lancent, au printemps 1475, dans une conquête de territoires à l'ouest, s'emparant du pays de Vaud et d'une partie de la Savoie. Le Duc de Bourgogne se doit de réagir…

Charles le Téméraire

En janvier 1476, Charles le Téméraire qui vient de prendre Nancy tourne son armée pour marcher sur Berne. Il emprunte la voie longeant le sud du Jura. Dès le 19 février 1476, son armée met le siège de la petite ville de Grandson dont l'imposant château dispose d'une solide garnison. Entretemps, l'appel à l'aide de Berne a été entendu par le reste des Confédérés. Une armée est rassemblée à Neuchâtel et s'ébranle le 1er mars pour porter secours aux assiégés. Soumise à la puissante artillerie bourguignonne, la garnison grandsonnoise capitule, pour son plus grand malheur, le 28 février. Une controverse existe à propos de cette reddition. En se rendant, les 400 soldats auraient reçu l'assurance d'avoir la vie sauve mais le duc de Bourgogne les fit pendre aux arbres alentour ou noyer dans le lac de Neuchâtel. Cet acte provoque la colère des Suisses qui, aux cris de "Grandson !, Grandson !", rassemblent 20 000 hommes sous le commandement de Nicolas de Scharnachthal (Berne), Hans Waldmann (Zurich) et Heinrich Hassfurter (Lucerne).

Charles le Téméraire lance ses hommes depuis Grandson jusqu'au château de Vaumarcus par un chemin rocailleux, où la neige vient à peine de fondre.

Au matin du 2 mars, des éclaireurs suisses attaquent un camp avancé bourguignon déclenchant la bataille. À l'artillerie et aux archers bourguignons répondent les couleuvrines de Berne. Lorsque la cavalerie bourguignonne charge, les Suisses se disposent en carré avec des piques de 6 m de long que les lances de 4 m de leurs adversaires ne peuvent atteindre.

Après 3 heures de combats, alors que les Suisses faiblissent, Charles le Téméraire décide de faire reculer ses troupes pour attirer les Suisses en plaine. Cependant les Bourguignons se méprenant sur les choix de leur commandement, croient à la retraite et paniquent. Au même moment de nouvelles forces suisses arrivent en prenant les forces bourguignonnes à revers. Les mugissements des cors des Alpes, la "Vache d'Unterwald", le "Taureau d'Uri", remplissent les Bourguignons d'une terreur irraisonnée.

On compte environ 300 Bourguignons et 200 Confédérés morts, auxquels s'ajoutent de nombreux blessés notamment par les flèches et carreaux.

Les Suisses trouvent alors un riche butin dans le camp abandonné par les Bourguignons, s'émerveillant de son pavillon de velours rouge, de ses armes enrichies de joyaux, et prendront 400 pièces d'artillerie. Mais le partage du butin provoque des dissensions entre villes et campagnes. La guerre civile est évitée de justesse au Convenant de Stans (traité signé le 22 décembre 1481) grâce à la médiation de l'ermite Nicolas de Flue. Candidement, les rudes montagnards vendent pour quelques sols les diamants du Téméraire qu'ils ont reçus à des brocanteurs juifs ou lombards. Ils découvrent aussi dans le butin la tapisserie aux Mille-fleurs, tapisserie célèbre fabriquée par Jean de Haze en 1466, composée de huit pièces de tapisserie de verdures.


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Source : Article partiellement ou en totalité issu de Wikimédia.
Pour les curieux : Henri Dubois, Charles le Téméraire, Paris, Fayard, 2004, 543 p.
et Dumas raconte... https://www.dumaspere.com/pages/bibliotheque/sommaire.php?lid=v8 (En Suisse, Chapitres LXII et LXIII)

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