mercredi 28 novembre 2018

Mariage royal à Bordeaux

 

28 novembre 1615 - Louis épouse Anne

Il y a aujourd’hui 403 ans, le roi de France Louis XIII épousait Anne d'Autriche dans la cathédrale Saint-André de Bordeaux, respectant ainsi les accords du traité de Fontainebleau du 22 août 1612. 

Les deux époux avaient à peine quatorze ans l'un et l'autre. Fille aînée du roi d'Espagne Philippe III de Habsbourg et de Marguerite d'Autriche, la mariée était une infante d'Espagne, bien que son nom fasse référence à l'Autriche, la région d'origine de sa famille.

Anne d’Autriche donnera naissance après de multiples fausses couches, et une stérilité de 23 ans, au futur roi Louis XIV.

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samedi 30 juin 2018

La lance de Montgomery

 

30 juin 1559 - Le tournoi fatal


C'était au tour de la joute des reines, dernier tournoi de la journée, dernière festivité avant le départ d'Elisabeth pour l'Espagne à la rencontre de son futur époux Philippe II. Le roi portait son armure d'apparat, argent et noir, les couleurs de sa maitresse Diane de Poitiers, pourtant c'est à son épouse Catherine qu'il dédia cette dernière passe d'armes. Une Catherine de Médicis, pleine d'appréhension. Nostradamus avait prédit la veille la mort du roi, dans ces dernières Centuries :
Le tournoi fatal

            Le lion jeune le vieux surmonteras
            En champ bellique par singulier duel;
            Dans cage d'or les yeux lui crèvera,
            Deux classes une, puis mort cruelle.

Par deux fois, dans la journée, le jeune Gabriel de Lorges, comte de Montgomery, avait déjà failli désarçonner le roi et demanda lui-même d'annuler la joute. Henri II passa outre.

L'ambassadeur d'Angleterre présent dans la tribune royale raconte : "Lorsque la trompette retentit, le jeune de Montgomery lui donna un contrecoup tel qu'il s'abattit sur le tête du Roi, fit sauter son panache, orné de grandes plumes, qui était fixé au heaume par du fer, cassa sa lance, et avec ce qu'il en restait, frappant le visage du Roi, il en envoya un morceau juste au-dessus de son oeil droit avec tellement de force et de violence qu'il eut beaucoup de mal à rester à cheval."

Les deux chevaliers se chargèrent si furieusement que leurs lances se rompirent et que leurs chevaux se dressèrent sur leurs jambes arrière. Montgomery n'eut pas le réflexe d'abaisser le tronçon de sa lance, ou n'en eut pas le temps. Le tronçon souleva la visière mal attachée et entra dans l'oeil, où il demeura fiché. Le roi resta en selle. On le vit soudain lâcher la brise, vaciller, étreindre l'encolure de son cheval qui galopait vers l'entrée de la Lice. On descendit le blessé avec précaution. On lui enleva son heaume. Le visage apparut ensanglanté, avec des esquilles plantées dans l'oeil et dans la tempe.

Le roi avait repris connaissance. Il était parvenu à monter dans sa chambre, avec l'aide de Guise et de Montmorency. Ils l'avaient étendu sur son lit. Les médecins arrivèrent. Ils parvinrent à retirer cinq éclats de bois et firent un pansement. L'agonie du roi dura dix jours. Ambroise Paré, qui avait guéri le duc de Guise d'une blessure presque aussi grave, ne put juguler l'infection. Le 9 juillet, à minuit, on célébra le mariage de la princesse Marguerite, sœur du roi et d'Emmanuel-Philibert, duc de Savoie : la cérémonie, selon Vieilleville, ressemblait à des funérailles.

Henri II mourut le lendemain, vers une heure de l'après-midi.

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lundi 25 juin 2018

Mort de Simon de Montfort

 

25 juin 1218 - Le boulet fatal

La mort de Simon de Montfort 
au siège de Toulouse
Ca s'est passé il y a huit cents ans. 

Ce 25 juin 1218, Toulouse est assiégée depuis déjà neuf mois.

Révoltés contre les croisés qui tiennent leur ville sur décision du pape Innocent III, les Toulousains ont demandé le soutien de leur ancien seigneur exilé. Le 13 septembre 1217, avec la complicité de ses sujets, Raymond VI entre dans Toulouse. 

Alerté par sa femme, restée au Château narbonnais, Simon de Montfort, alors en campagne du côté de Nîmes, envoie son fils et son frère organiser la contre-attaque. Mais, entre temps, les croisés ont été chassés de Toulouse par la population, galvanisée par la présence de son seigneur. Profitant d'une courte trêve, les habitants entreprennent de relever les remparts, sachant qu'une fois réorganisés les croisés ne feront pas de quartiers. 

Le 22 septembre, les Montfort et leur suite arrivent en vue de Toulouse. Aussitôt la bataille s'engage. Une brèche est ouverte, par laquelle les soldats tentent de s'infiltrer, mais ils sont durement repoussés. Simon de Montfort se décide alors à intervenir et fait route vers Toulouse avec le légat du pape. Début octobre, ils rejoignent Guy de Montfort et lancent l'assaut sans attendre. La résistance toulousaine oblige les croisés, réfugiés dans le Château narbonnais, à mettre le siège. Les Français envoient des messagers et réclament du renfort aux membres de la croisade rentrés chez eux neuf ans plus tôt, après avoir prêté serment d'accourir en cas de besoin. 

Des mois durant, le siège se résume à une suite d'escarmouches, de tentatives de sortie toulousaines et de percées des croisés. Simon de Montfort le premier, les Français, gagnés par le découragement et leurs finances lourdement grevées, commencent à perdre patience. 

Ce 25 juin 1218, ils sont prêts à abandonner lorsque les Toulousains tentent une ultime sortie…

"A l'aube, Montfort assiste à la messe dans la chapelle du château Narbonnais. Il prie Dieu de lui donner aujourd'hui la victoire ou la mort.
Pendant ce temps, l'abri roulant continue d'approcher. Il est maintenant sous le tir de nos archers et de nos arbalétriers postés dans les tranchés les plus avancés.
Guy de Montfort, qui commande les opérations, doit faire face à un harcèlement incessant. Tantôt ce sont les cavaliers toulousains qui sortent au galop, jetant des torches pour incendier l'engin, tantôt ce sont les rochers et les dards qui s'abattent de tous cotés à la fois.
Tout à coup, il est soulevé vers le ciel par son cheval qui se cabre violemment, un carreau d'arbalète profondément enfoncé dans l'oeil. L'animal s'écroule foudroyé. Guy de Monfort, la jambe prise sous le cadavre de sa monture, peine à se relever. Un archer toulousain prend le temps de le viser soigneusement. Sa flèche vient transpercer la cuisse d'où le sans jaillit aussitôt.
Alerté, Simon de Montfort a quitté la chapelle pour bondir en selle. Un instant plus tard, il est là, saute à terre et se précipite vers son frère au milieu de la bataille. Les nôtres se replient un instant derrière les lices pour retrouver leur souffle et laisser les catapultes entrer en action. Les pierres volent sur la chatte et vers le groupe de chevaliers qui tentent d'évacuer Guy.
Noires et rapide comme un rapace, elle tombe du ciel pour fondre sur sa proie. La pierre lancée par les toulousains vient droit sur le heaume de Simon de Monfort. Sous la violence du choc, le métal éclate et le crâne se brise. Il chancelle un instant, fait un pas puis tombe droit à la renverse, les bras en croix, raide mort.
Sur le champ de bataille le vacarme a cessé. Durant un bref instant règne un silence tel que je crois entendre chanter un oiseau. Tout est suspendu devant ce basculement du destin.
Et puis soudain une ovation sans fin s'élève de nos remparts, elle se propage dans les rues, montent dans les étages et s'amplifie jusqu'en haut des églises où les guetteurs s'époumonent sur leurs trompes. Les cloches de la ville font résonner l'air de Toulouse des vibrations de la victoire et de la liberté.
Sur le chemin de ronde, je me laisse tomber à genoux et je prie. Pour une fois, pour la premières fois peut-être, je ne demande rien à Dieu. Je ne l'implore pas. Je n'ai plus qu'à lui dire merci."
(*)

Commencé en septembre 1217, le siège de la "ville rose" est levé le 25 juillet 1218. Toulouse est sauvée.

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* Extrait de "Raimond le Cathare" de Dominique Baudis (Michel Lafon, Ed. Ramsay).

Dominique Baudis
(1947-2014) : journaliste, écrivain et homme politique français. Il a notamment été journaliste de télévision, puis maire de Toulouse, député, président du conseil régional de Midi-Pyrénées, député européen, puis président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) et Défenseur des droits.
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vendredi 27 avril 2018

Versailles en deuil

 

27 avril 1748 – Marie-Thérèse, titrée Madame, est morte


Ca s'est passé il y a deux cent soixante dix ans.

Nous sommes à Versailles le 27 avril 1748. 

"Madame, fille  de monseigneur le Dauphin et de sa première femme la princesse d’Espagne*, est morte à Versailles, âgée environ d’un an et demi, d’une convulsion de dents qu’on a prise même, dit-on, pour autre accident.
Marie-Thérèse-Raphaëlle de Bourbon, mère de "Madame"
vers 1745 par Daniel Klein
Le 28 de ce mois, elle a été transportée au palais des Tuileries, et le mardi 30, elle a été conduite à Saint-Denis avec un cortège magnifique, des détachements de toute la maison du Roi, par mademoiselle la duchesse de Chartres, première princesse du sang, et présenté par le grand aumônier de France.

Il y avait aussi une grande partie de l’écurie du Roi et de la Reine ; et ensuite son cœur porté au Val-de-Grâce. On a fait apparemment cette pompe bien plus belle que pour madame la Dauphine, sa mère**, pour satisfaire l’Espagne.

Il n’y a à cet âge, ni prière, ni deuil.

Le Roi est parti le lendemain pour un voyage de huit jours à Choisy, où l’on dit qu’il arrive tous les jours des courriers d’Aix-la-Chapelle et même d’Angleterre, des personnes de distinction."

Texte tiré de "De la Régence et du règne de Louis XV" tome 4 p 296, d’Edmond Jean François Barbier.

Marie-Josèphe de Saxe, seconde épouse du Dauphin, fit faire un portrait posthume de la petite Madame, mais il a aujourd'hui disparu. Marie-Thérèse de France était la demi-sœur des futurs Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.

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* L’infante d’Espagne Marie-Thérèse-Raphaëlle de Bourbon, fille de Philippe V, roi d’Espagne, et d’Élisabeth Farnèse.
** Décédée le 22 juillet 1746, soit trois jours après la naissance de sa fille. Elle venait de fêter son vingtième anniversaire.
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lundi 25 août 2014

Mort de Louis IX

 

25 août 1270 - Mort de Louis IX à Tunis

Louis IX dit Saint Louis, 
roi de France de 1226 à 1270
1er juillet, début de la huitième croisade. Louis IX, son frère Charles, roi de Sicile, et ses croisés, quittent Aigues Mortes, en direction de l'Egypte, avec Tunis comme première étape.
Le 3 août, il apprend, alors qu'il assiège Tunis, la mort de son fils, Jean Tristan, victime d'une épidémie de dysenterie. Il en est très affecté. Jean Tristan était son quatrième fils d’avec Marguerite de Provence. Il n'avait que vingt ans.
Le 25 août, le camp de Tunis est ravagé par la famine, la dysenterie, la peste. Affaibli par cette situation catastrophique, le roi tombe malade. "Ma fin est proche. En signe d'humilité, je veux que l'on m'étende sur un lit de cendres". Vers trois heures de l'après-midi il succombe, les bras en croix, à l'image du Christ, alors qu'il attendait les renforts amenés par son frère Charles de Valois.  Son fils Philippe, présent au chevet de son père, est proclamé roi sous le nom de Philippe III à cet instant. Il a vingt-cinq ans.
Vénéré aussitôt après sa mort, Louis IX sera canonisé le 11 août 1297 par le pape Boniface VIII.

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samedi 14 décembre 2013

Le massacre de Wassy


1er mars 1562 - "L'inconvénient" de Wassy

1er mars 1562 - Massacre de Wassy
gravure de Franz Hogenberg fin du XVIe siècle
Le massacre de Wassy a lieu le 1er mars 1562. François de Lorraine, duc de Guise revenant de négociations en Alsace, passant à Wassy (auj. en Haute Marne), entend une cérémonie protestante : environ 500 protestants assistent au culte dans une grange de la ville. Ce genre de cérémonie est contraire à l’édit de tolérance de Saint-Germain-en-Laye signé le 17 janvier de la même année suspendant l'interdiction du culte réformé à condition qu'il soit pratiqué de jour et à l'extérieur de l'enceinte des villes. Le duc, qui est seigneur du lieu et chef du parti catholique, considère que la condition n’est pas remplie et commande ses hommes de faire sortir les protestants de la grange. Vingt-trois sont tués, cent blessés. Selon François de Guise, se sont les protestants qui auraient déclenché les hostilités, mais les circonstances des faits restent peu claires et même très obscures. Cet évènement marque le début de la première guerre de religion entre les protestants et les catholiques.
François 1er de Lorraine, 2e duc de Guise
portrait de François Clouet - Musée du Louvre
A son retour à Paris, François de Guise est accueilli en héros et le peuple réclame une croisade contre les huguenots. Dix jours après le massacre de Wassy, devant l'affront, les protestants prennent les armes sous la direction du prince Louis de Condé. Prise au dépourvue par la précipitation des événements, Catherine de Médicis tente une ultime démarche pour maintenir la paix, mais le duc de Guise entreprend un coup de force en surgissant avec ses troupes à Fontainebleau où la famille royale se trouve. Il contraint le jeune roi (il n’a que douze ans) et sa mère à le suivre à Paris sous le prétexte de les protéger des protestants, les obligeant par ce moyen à prendre le parti des catholiques. La rupture est consommée quand Louis de Condé s'empare de la ville d'Orléans. 

Les protestants sont les premiers à passer à l'offensive. La lutte s'organise pour le contrôle de l'espace urbain. L'attaque protestante est fulgurante. En un mois, les protestants parviennent à s'emparer d'un grand nombre de villes dont de très importantes comme Lyon, Orléans, Poitiers ou encore Rouen la deuxième ville du pays. A chaque prise, les protestants passent méthodiquement au saccage des églises, voire à leur destruction. Les pertes sont immenses mais les protestants échouent à Toulouse et à Bordeaux. Pour l'armée catholique commence la longue campagne de siège qu'il faut mettre en place pour récupérer les villes prises.
Blaise de Monluc, (1501-1577), Maréchal de France
Huile sur toile d‘Henri Scheffer (1834 - Château de Versailles)
Le conflit se répartit sur trois principales zones de combat. La plus importante est celle qui se déploie en Normandie et sur la Loire où l'armée royale tente de reprendre Orléans qui sert de point de ralliement des protestants. La deuxième zone de combat se situe dans le Sud-Est, en particulier en Languedoc, et la troisième zone de combat se déroule dans le Sud-Ouest où Blaise de Monluc* mène une répression implacable contre les protestants et notamment contre Symphorien de Durfort, sire de Duras qu'il bat par deux fois le 15 juillet à la bataille de Targon (Gironde) ou 70 protestants sont pendus dans les halles et en octobre à la sanglante bataille de Vergt (Dordogne).

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* Blaise de Lasseran de Massencome, seigneur de Monluc, dit Blaise de Monluc, né en 1502 à Saint-Puy, dans le Gers et mort le 26 juillet 1577 entre Estillac (près d'Agen) et Saint-Puy, Généralissime des forces françaises, est une figure française des guerres de religion, à la fois homme de guerre et homme de lettres.
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